C’est l’un des nouveaux visages de l’équipe élue avec Serge Grouard lors des municipales de mars dernier à Orléans : à 64 ans, Armando de Oliveira est le nouvel adjoint à la sécurité. Un poste sensible mais presque naturel pour cet ancien général de la gendarmerie.

C’était l’une des surprises lors de l’installation du conseil municipal issu du renouvellement électoral : Florent Montillot, l’éternel bras droit du maire Serge Grouard, a demandé à ne plus s’occuper du dossier de la sécurité, trop chronophage (il reste cependant adjoint, notamment à la Santé et au quartier de la Source). C’est Armando de Oliveira qui devient le nouvel adjoint à la sécurité et à la tranquillité publique. A 64 ans, cet ancien général de la gendarmerie entame là sa toute première expérience d’élu local. Entretien avant le conseil municipal de ce lundi.

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Armando de Oliviera : Quarante ans au service des Français et de la République ! J’ai eu la chance et l’honneur, en tant qu’officier de gendarmerie, d’avoir occupé des postes de commandement à la fois sur le terrain, à la direction, et à la stratégie. Sur le terrain : j’ai été, entre autres, à la tête du peloton d’intervention de l’escadron de gendarmerie mobile de Blois, du groupement de gendarmerie départementale des Yvelines, de la région de gendarmerie de Picardie dont je suis d’ailleurs originaire. A la direction, puisque j’ai été le « DRH » de la Gendarmerie nationale, soit 135 000 personnes à gérer. Et enfin à la stratégie, car j’ai été conseiller auprès du Premier ministre ou du ministère de l’Intérieur, sous des gouvernements de droite comme de gauche, sur les questions de sécurité.

Votre engagement d’élu s’inscrit dans cette logique ?

Oui, c’est cette idée d’être utile, qui conduit à l’engagement qui a été le mien au sein de la gendarmerie, et que je veux poursuivre désormais au service des Orléanais. Ma devise, c’est cette phrase de Saint-Exupéry : « Le métier de témoin m’a toujours fait horreur. Que suis-je si je ne participe pas? J’ai besoin, pour être, de participer. » (Pilote de guerre). J’ai découvert Orléans dans les années 90, j’ai vu évoluer cette ville qui est devenue attractive – à tel point que l’idée de m’y installer a fait son chemin – et le niveau de sécurité participe bien sûr à cette attractivité.

Il y a selon vous « un modèle orléanais » en matière de sécurité ?

Je le crois, effectivement. Ce modèle repose sur plusieurs socles : un effort remarquable sur la prévention de la délinquance des mineurs (avec un triptyque éducation/sports-culture/accompagnement à la parentalité), le principe d’une réponse rapide à toute situation délinquante naissante, et des moyens importants pour faire fonctionner une police municipale performante. C’est un modèle qu’il faut conforter et faire évoluer parce que le contexte évolue également : la sécurité, ce n’est jamais un acquis, c’est une quête permanente.

« La lutte contre les incivilités doit être notre première priorité »

Lors de la campagne, Serge Grouard a eu cette formule : « Orléans est une ville sûre, elle doit devenir une ville tranquille ». Cela veut dire quoi, concrètement ?

Cela veut dire que parmi les situations de sécurité que l’on doit traiter, une place très importante sera faite à la lutte contre les incivilités. Parce que les incivilités, justement, c’est ce qui empêche les gens d’être tranquilles, sur la voie publique, dans leur quotidien… Cela regroupe plusieurs problématiques, comme le protoxyde d’azote, les rodéos, les dépôts de déchets sauvages, etc. Beaucoup de choses ont été faites, mais il faut aller plus loin. Deux autres axes nécessitent toute notre attention : la lutte contre le harcèlement et la lutte contre l’insécurité routière.

L’un des dossiers prioritaires, ce sera aussi le déménagement de la police municipale ?

Il est clair que les locaux actuels place de l’Etape ne sont plus adaptés. C’est effectivement un dossier dont je compte me saisir à-bras-le-corps.

Vous succédez à Florent Montillot, qui s’est occupé de ces questions pendant trois mandats (de 2001 à 2014, puis de 2020 à 2026) : on n’imagine que ce n’est pas forcément facile…

C’est forcément une succession difficile quand vous arrivez derrière quelqu’un qui a eu cette exigence d’adaptation permanente et d’inventivité dans les réponses à apporter. Mais c’est une continuité, j’aurai cette même exigence, avec conviction et j’espère avec la même efficacité.

Armando de Oliveira : le général qui veut sécuriser Orléans… avec un soupçon de militarisme

À 64 ans, Armando de Oliveira, ancien général de la gendarmerie, prend les rênes de la sécurité à Orléans. Une nomination qui soulève des questions sur la militarisation de la politique locale.

Lors des dernières municipales, la surprise a été de taille : Florent Montillot, le fidèle bras droit du maire Serge Grouard, a décidé de passer la main sur le dossier de la sécurité, trop chronophage. Qui pour le remplacer ? Armando de Oliveira, un général de gendarmerie fraîchement promu adjoint à la sécurité et à la tranquillité publique. Une première expérience d’élu local pour cet homme qui a passé quarante ans à servir la République. Mais qu’est-ce que cela signifie pour la ville ?

Ce qui se passe réellement

Armando de Oliveira se présente comme un homme de terrain, avec une carrière impressionnante dans la gendarmerie. Il a été à la tête de plusieurs unités, du peloton d’intervention de Blois à la direction des ressources humaines de la Gendarmerie nationale, gérant ainsi 135 000 personnes. Son engagement politique, dit-il, découle de son désir d’être utile aux Orléanais. Mais cette utilité ne risque-t-elle pas de se transformer en une approche militarisée de la sécurité ?

Pourquoi cela dérange

La nomination d’un ancien général à un poste aussi sensible interroge. Dans un contexte où les discours politiques se radicalisent, la militarisation de la sécurité publique peut sembler être une réponse simpliste à des problèmes complexes. La promesse d’une « ville tranquille » pourrait bien masquer une volonté de contrôle accru sur la population, au détriment de la liberté individuelle.

Ce que cela implique concrètement

Armando de Oliveira évoque un « modèle orléanais » basé sur la prévention de la délinquance des mineurs et une réponse rapide à toute situation délinquante. Mais derrière ces belles paroles se cache une réalité : la lutte contre les incivilités, comme le protoxyde d’azote et les rodéos, pourrait se traduire par une répression accrue, plutôt que par des solutions durables.

Lecture satirique

Le discours d’Armando de Oliveira est une belle illustration de la déconnexion entre promesses et réalité. « La sécurité n’est pas un acquis, c’est une quête permanente », dit-il. Mais cette quête ne risque-t-elle pas de se transformer en une chasse aux sorcières contre les jeunes et les marginaux ? La lutte contre les incivilités devient alors un prétexte pour justifier des mesures autoritaires.

Effet miroir international

À l’étranger, des politiques similaires se mettent en place, comme aux États-Unis ou en Russie, où la sécurité est souvent utilisée pour justifier des atteintes aux droits civiques. La question se pose : Orléans va-t-elle suivre cette pente glissante vers une gouvernance autoritaire ?

À quoi s’attendre

Avec Armando de Oliveira à la tête de la sécurité, il est probable que la ville d’Orléans connaisse une intensification des mesures de contrôle. Les Orléanais doivent s’attendre à une surveillance accrue, sous couvert de sécurité, et à une militarisation de la vie quotidienne.

Sources

Source : www.francebleu.fr

Armando de Oliveira, nouvel adjoint sécurité à Orléans :'La sécurité n'est pas un acquis, c'est une quête permanente'
Visuel — Source : www.francebleu.fr
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