Présentée par le groupe macroniste Ensemble pour la République, dix ans après la fusion des régions décidée sous François Hollande, la proposition de loi a été adoptée par 131 voix contre 100. Elle a eu le soutien du Rassemblement national et de l’UDR d’Eric Ciotti, mais était combattue par la gauche, et a divisé le camp gouvernemental. Une motion de rejet socialiste, qui aurait coupé court aux débats, avait été repoussée par 187 voix, contre 109.

Le texte prévoit de faire de l’actuelle collectivité européenne d’Alsace (CEA) – issue de la fusion des conseils départementaux des Bas-Rhin et Haut-Rhin – une collectivité territoriale à statut particulier, exerçant les compétences départementales et régionales. Celle-ci serait nommée « Alsace », et non plus collectivité européenne d’Alsace, après l’adoption d’un amendement écologiste. L’entrée en vigueur interviendrait lors des prochaines élections régionales, en mars 2028.

« En 2015, le législateur a nié la singularité alsacienne en la noyant dans une immense région. Dès lors, les Alsaciens n’ont cessé d’exprimer leur désir d’Alsace », a défendu la députée macroniste du Haut-Rhin Brigitte Klinkert, première signataire du texte transpartisan. Après le vote, le patron du groupe macroniste, Gabriel Attal, a salué dans un communiqué associant plusieurs députés une « première étape » pour répondre à « une aspiration forte des Alsaciens », et appelé le gouvernement à inscrire le texte à l’ordre du jour du Sénat.

Ce texte créera-t-il un précédent ?

« Le texte n’est pas abouti » et « porte en lui la fracture territoriale », a rétorqué Belkhir Belhaddad (groupe socialiste), en critiquant notamment l’absence d’avis du Conseil d’Etat et d’étude d’impact.

Les présidents et présidentes de région ont eux aussi déploré dans un communiqué l’adoption d’une loi souffrant de « lourdes lacunes », à la suite de « débats bâclés, chaotiques et plein de confusion en séance publique ». Ils ont appelé à cesser un « bricolage institutionnel, source de divisions politiques ». Auparavant, dans une tribune publiée dimanche, les présidents de dix régions avaient dénoncé « une faute institutionnelle, politique et historique ». « Ce texte servira (…) à chaque lobby local à revendiquer autonomie et indépendance », s’étaient-ils inquiétés.

« Construire cette région, ça a pris grosso modo deux ans et demi, la déconstruire ça prendra aussi deux ans à deux ans et demi. Pendant ce temps-là, on sera paralysé », a quant à lui réagi le président de la région Grand Est, Franck Leroy, pour qui « chacun voit bien que ce texte reste, en l’état, largement inconstitutionnel et inapplicable ».

Risque de « fragmentation territoriale »

Peu convaincue par le texte initial, la ministre de l’Aménagement du Territoire, Françoise Gatel, avait annoncé en ouverture des débats la création d’une « mission » associant parlementaires, élus locaux, acteurs économiques et sociaux, afin de faire un bilan de la loi ayant créé la CEA, en examinant entre autres ses « relations avec la région ». « Prenons le temps nécessaire de bien faire, sans procrastiner », avait-elle plaidé, en avertissant : « Il n’est pas sans risque d’ouvrir, sans cadre et sans méthode, une dynamique de fragmentation territoriale. »

Françoise Gatel avait ensuite proposé une mise en place par ordonnance. La réécriture était soutenue par le rapporteur macroniste, Jean-René Cazeneuve, qui estimait que l’amendement précisait utilement la loi, pour éviter une censure du Conseil constitutionnel. Mais les députés l’ont rejeté de peu.

Mercredi, ils ont en revanche adopté un amendement prévoyant un référendum local pour valider la création de la nouvelle forme de collectivité alsacienne. En dépit de l’avis du rapporteur qui juge inconstitutionnel qu’une loi prévoie la création d’une instance, puis la conditionne à une consultation.

Le Sénat s’en emparera-t-il ?

La proposition de loi a divisé l’hémicycle, y compris au sein du camp gouvernemental. Louise Morel (MoDem, Bas-Rhin), fustigeant un texte « pour se faire plaisir, sans évaluation, sans consultation, sans vraie analyse des coûts » induits par la mesure.

Emmanuel Fernandes (LFI, Bas-Rhin) a lui critiqué une loi qui aboutirait à « une espèce de puzzle dont les pièces ne s’assembleraient pas ». A l’inverse, le député RN Théo Bernhardt (Bas-Rhin) a jugé qu’elle permettrait la « réparation d’une blessure » causée selon lui par l’avènement des nouvelles régions en 2015.

Le texte devra encore être inscrit à l’ordre du jour du Sénat pour pouvoir espérer une adoption définitive, que plusieurs députés jugent difficile avant l’élection présidentielle. « Si le Sénat décidait de s’en saisir lors d’une niche parlementaire, alors le gouvernement tiendrait la même position », à savoir celle d’un « avis de sagesse », a prévenu le ministère de l’Aménagement du territoire dans un communiqué.

Alsace : La Nouvelle Collectivité qui Fait Débat

La proposition de loi sur l’Alsace, adoptée dans un climat de tensions politiques, soulève des questions sur l’avenir territorial de la France.

Le 9 avril 2026, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi présentée par le groupe macroniste Ensemble pour la République. Dix ans après la fusion des régions sous François Hollande, ce texte a été voté par 131 voix contre 100, avec le soutien inattendu du Rassemblement national et de l’UDR d’Éric Ciotti. Une motion de rejet socialiste a été repoussée, mais la gauche a exprimé son mécontentement face à cette initiative, qui divise même le camp gouvernemental.

Ce qui se passe réellement

Le texte vise à transformer l’actuelle collectivité européenne d’Alsace (CEA) en une collectivité territoriale à statut particulier, exerçant les compétences départementales et régionales. Exit le nom « collectivité européenne d’Alsace », place à « Alsace », grâce à un amendement écologiste. L’entrée en vigueur est prévue pour mars 2028, lors des prochaines élections régionales.

Brigitte Klinkert, députée macroniste du Haut-Rhin, a défendu le texte en arguant que « le législateur a nié la singularité alsacienne » en 2015. Gabriel Attal, patron du groupe macroniste, a salué cette initiative comme une « première étape » pour répondre à « une aspiration forte des Alsaciens ».

Ce texte créera-t-il un précédent ?

Belkhir Belhaddad, du groupe socialiste, a critiqué le texte, le qualifiant de « non abouti » et de « porteur de fracture territoriale ». Les présidents de région ont également dénoncé une loi souffrant de « lourdes lacunes », appelant à mettre fin à un « bricolage institutionnel ».

Franck Leroy, président de la région Grand Est, a souligné que « déconstruire cette région prendra autant de temps que de la construire ». Pour lui, le texte reste « largement inconstitutionnel et inapplicable ».

Risque de « fragmentation territoriale »

La ministre de l’Aménagement du Territoire, Françoise Gatel, a proposé la création d’une « mission » pour évaluer la loi ayant créé la CEA. Elle a averti des risques d’une dynamique de fragmentation territoriale, plaidant pour une approche réfléchie.

Mercredi, un amendement a été adopté pour prévoir un référendum local sur la création de cette nouvelle collectivité. Pourtant, le rapporteur a jugé cette condition inconstitutionnelle.

Le Sénat s’en emparera-t-il ?

La proposition de loi a divisé l’hémicycle, même au sein du gouvernement. Louise Morel (MoDem) a fustigé un texte « sans évaluation », tandis qu’Emmanuel Fernandes (LFI) a critiqué un « puzzle dont les pièces ne s’assembleraient pas ». À l’inverse, le député RN Théo Bernhardt a vu dans ce texte une « réparation d’une blessure » causée par la réforme de 2015.

Le texte devra encore être inscrit à l’ordre du jour du Sénat pour espérer une adoption définitive, ce qui semble peu probable avant les élections présidentielles. Le ministère de l’Aménagement du territoire a déjà annoncé un « avis de sagesse » sur le sujet.

Pourquoi cela dérange

Les incohérences de cette loi sont frappantes. D’un côté, on prône la simplification administrative, de l’autre, on crée une nouvelle collectivité qui pourrait exacerber les tensions régionales. Les promesses de « réparation » semblent plus être des slogans que des réalités.

Ce que cela implique concrètement

La création d’une collectivité à statut particulier pourrait ouvrir la porte à d’autres revendications d’autonomie, rendant le paysage politique français encore plus chaotique. Les lobbies locaux pourraient s’en donner à cœur joie, chacun revendiquant son petit bout de territoire.

Lecture satirique

Il est ironique de voir des députés, qui prônent l’unité nationale, se déchirer sur un texte qui semble plus un coup de communication qu’une véritable avancée. Les promesses de « réparation » ressemblent à un mauvais sketch politique, où chacun joue son rôle sans vraiment comprendre le scénario.

Effet miroir international

Ce débat sur l’Alsace rappelle les dérives autoritaires observées ailleurs, où des gouvernements utilisent des réformes territoriales pour diviser et régner. Les États-Unis et la Russie, avec leurs propres tensions internes, pourraient en sourire, mais la France n’a pas besoin d’un tel exemple pour se retrouver dans une situation chaotique.

À quoi s’attendre

Si cette loi passe, il est probable que d’autres régions suivent le mouvement, entraînant une fragmentation territoriale qui pourrait rendre la gouvernance encore plus complexe. Les promesses de simplification risquent de se heurter à la réalité d’un millefeuille administratif encore plus touffu.

Sources

Source : www.banquedesterritoires.fr

L'Assemblée nationale approuve le texte visant à sortir l'Alsace du Grand Est
Visuel — Source : www.banquedesterritoires.fr
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