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Environnement

Alpes du Sud : horaires rares, guichets fermés et lignes ferroviaires délaissées

Dans les Alpes du Sud, prendre le train suppose souvent d’anticiper retards, longues attentes et correspondances incertaines. À Veynes, nœud ferroviaire régional, les usagers dénoncent une offre trop rare et un accueil réduit depuis la fermeture du guichet. À Digne-les-Bains, la liaison ferroviaire avec la ligne des Alpes est interrompue depuis 1991.

SBB CFF FFS train at a Swiss station platform with colorful lemur artwork.
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Une desserte difficile à organiser

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Sur la ligne Marseille-Briançon, trois allers-retours quotidiens laissent peu de marge aux voyageurs. Stéphane, qui utilise le train occasionnellement pour aller travailler, explique qu’il doit laisser sa voiture à une gare située à 11 kilomètres de son domicile, puis compter sur un proche pour le trajet final.

Les retards peuvent aussi bouleverser les déplacements. Vivien, 72 ans, raconte avoir déjà manqué des rendez-vous médicaux à cause de trains en retard. Elle prend désormais plusieurs jours pour effectuer un trajet entre Aix-en-Provence et son domicile, dans le Trièves, près de Grenoble.

À Veynes, où se croisent les lignes Marseille-Briançon, Gap-Grenoble et Valence-Briançon, le guichet a fermé en 2023. Une agente mobile assure quelques permanences, mais ne peut pas ouvrir le comptoir. Elle aide notamment des voyageurs confrontés à des annulations ou à des changements de billet qu’ils peinent à effectuer sur l’application. Ses horaires ne coïncident pas toujours avec ceux des trains.

Des voies anciennes et des trains peu fréquents

Les difficultés ne se limitent pas aux services en gare. Selon les membres du Collectif de l’étoile ferroviaire de Veynes, certaines voies, dont l’étoile a célébré ses 150 ans en 2025, n’ont jamais été renouvelées. Leur état impose des ralentissements. Le matériel roulant vieillit également, tandis que le collectif juge le nombre de trains insuffisant.

Sur plusieurs tronçons à voie unique, les trains doivent attendre de pouvoir se croiser. Un retard peut ainsi se répercuter sur les circulations suivantes, notamment sur le train de nuit Paris-Briançon. Le collectif souhaite que les croisements soient automatisés. Des travaux liés au programme ferroviaire des Alpes du Sud prévoient d’en rétablir deux ; SNCF Réseau indique que ce programme doit aussi renouveler 120 kilomètres de voies et régénérer 85 ouvrages. Les travaux sont prévus à partir de 2027, avec une mise en service complète annoncée à l’horizon de fin 2029. (sncf-reseau.com)

À Veynes, une association a investi l’ancien Buffet de la Gare pour y installer un café, une ressourcerie et une épicerie coopérative. Pour Jean-François Dumanois, membre du collectif, ce lieu répond notamment au besoin des voyageurs qui doivent attendre entre deux correspondances. Il résume les obstacles rencontrés par les usagers ainsi : « Pour prendre le train, il faut être militant. »

Digne, sans liaison ferroviaire depuis 1991

Plus au sud, le tronçon de 22 kilomètres qui relie Digne-les-Bains à la ligne des Alpes est désaffecté depuis 1991. La préfecture des Alpes-de-Haute-Provence n’est donc plus desservie par le train sur cet axe. Sylvain Liautard, vice-président régional de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports, estime la remise en état à 34 millions d’euros. SNCF Réseau l’évalue à plus de 100 millions.

Le Train des Pignes, ligne touristique entre Digne et la Côte d’Azur, est quant à lui interrompu depuis 2018 après un éboulement. Sa réouverture est annoncée pour 2027 dans le reportage.

Un réseau secondaire en recul

Les difficultés des Alpes du Sud s’inscrivent dans une tendance nationale. Le bilan ferroviaire 2024 de l’Autorité de régulation des transports fait état d’une baisse de 1 167 kilomètres de voies exploitées entre 2019 et 2024, soit 2,4 % du réseau. L’organisme distingue les voies des lignes : ce chiffre porte sur la longueur des voies, et non sur celle des lignes. Il relève aussi une vitesse moyenne de 44 km/h sur les voies les moins circulées, contre 150 km/h sur les plus fréquentées. (autorite-transports.fr)

Dans les territoires concernés, des trains moins nombreux et moins fiables peuvent décourager les voyageurs ; la baisse de fréquentation alimente alors les difficultés à maintenir une desserte régulière. Le collectif de Veynes défend une offre mieux adaptée aux besoins locaux. À Digne, le retour du train dépendrait de travaux dont les estimations financières varient fortement selon les interlocuteurs.

Publié le : 19 octobre 2026


Source : Reporterre, le média de l'écologie – Indépendant et en accès libre (reporterre.net)

Article original : Consulter la source originale

Auteur : Baptiste Soubra, Lyse Mauvais

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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