
Table Of Content
- Le régime algérien en opération reconquête
- Saint-Augustin et Christophe Gleizes
- Alger veut mettre fin à son isolement
- Ce qui se passe réellement
- Le régime algérien en opération reconquête
- Saint-Augustin et Christophe Gleizes
- Pourquoi cela dérange
- Ce que cela implique concrètement
- Lecture satirique
- Effet miroir international
- À quoi s’attendre
- Sources
LETTRE DU MAGHREB. Coup sur coup, deux pouvoirs se succèdent en visite officielle à Alger : le président de la FIFA, Gianni Infantino, et le pape Léon XIV. Un gain de légitimité pour le régime algérien.
Le Pape, combien de divisions ? La question, ironiquement énoncée par Joseph Staline, se pose à la veille du déplacement officiel du Pape en Algérie. Lundi, Léon XIV, le « commandeur des chrétiens », comme on le dit du roi du Maroc*, y sera pour trois jours. Il débute sa première tournée africaine par un pays musulman. Il enchaînera ensuite avec trois pays catholiques : Cameroun, Angola, Guinée équatoriale. Pour Alger, c’est un gain symbolique, une visite de poids. Le monde entier va regarder le leader des chrétiens arpenter le pays, lui qui sitôt élu se présentait à la loggia de la basilique Saint-Pierre en « fils de Saint-Augustin ». Le philosophe et théologien chrétien est natif d’Algérie, né à Thagaste et mort à Hippone. Le président Tebboune avait saisi le message, se rendant en visite privée au Vatican en juillet 2025 afin de suggérer l’invitation en personne. Il y a vu le potentiel de légitimé qu’offrait pareille visite.
Dans un autre genre, la FIFA, le Vatican du foot, peut revendiquer des milliards de pratiquants et/ou d’amateurs. Gianni Infantino, son président, flanqué d’une délégation, a fait le déplacement à Alger. La Fifa, combien de divisions ? Si l’on en juge le volume des audiences des coupes du monde & Co (cela se chiffre en milliards cumulés de téléspectateurs), le poids des likes et des partages sur les réseaux sociaux, on a affaire à un empire. Côté business, kif-kif. Le continent africain est vu comme un relais de croissance par l’organisation.
Le régime algérien en opération reconquête
L’Algérie s’était isolée. Au sortir du Hirak, le pouvoir était pantelant, rescapé in extremis d’une révolte populaire horizontale, sans leader ni slogan. Economiquement, le pays demeurait à la merci des fluctuations des prix du gaz (l’Algérie est un pays gazier) et du pétrole, mangeant ses réserves budgétaires avec un baril à soixante dollars. En février 2022, la guerre déclenchée par la Russie en Ukraine sauvera le « système » militaro-politique qui dirige le pays depuis des décennies. La crise énergétique dope les prix, idéal pour un pays dont les recettes de l’État reposent aux 3/4 sur l’exportation de ces deux richesses. Ébranlé par la protestation du Hirak, procédant à des arrestations tous azimuts afin d’éradiquer tout opposant, de faire table rase de toute forme d’opposition, le pouvoir incarné par Abdelmadjid Tebboune se ratatina sur lui-même. Lorsque Madrid reconnaît le plan marocain pour le Sahara occidental, il coupe les ponts diplomatiques et économiques avec l’Espagne, puis s’enferre dans un nouveau conflit avec la France pour la même raison au point de mettre sous les verrous l’écrivain Boualem Sansal et le journaliste Christophe Gleizes. Le premier a été libéré, le second purge une peine de prison de sept ans. En conflit larvé avec le Maroc, le Mali, le pays s’isole. Il en a pris conscience et est à l’offensive pour regagner des parts de marché géopolitique. Cette semaine en est l’illustration parfaite.
Saint-Augustin et Christophe Gleizes
Événement considérable, le nouveau pape entamera lundi une visite officielle de trois jours en Algérie, première étape d’un « pèlerin en Afrique » – selon les mots du Vatican – qu’il poursuivra ensuite à Yaoundé, Luanda et Ciudad de La Paz. Il vient dans ce pays 100% musulman en « fils de Saint-Augustin », ordre dont il est membre.
Avant sa visite, ironie du calendrier, le Saint-Père a reçu le président Macron en audience privée. Il y a été question des guerres qui mettent à sac l’ordre mondial, du catholicisme en France, de l’école privée (dont le secrétaire général faisait partie de la délégation) et sans aucun doute du « détenu » Christophe Gleizes. Léon XIV obtiendra-t-il une grâce pour ce dernier ?
L’enjeu de la visite de Gianni Infantino fut moins spirituel même si le ballon rond a des allures de religion. Jeudi 9 avril, il a effectué une « visite de travail » qui l’a conduit jusqu’au palais présidentiel pour y rencontrer Abdelmajdid Tebboune. Une réplique du trophée de la Coupe du monde ainsi qu’un maillot floqué à son nom lui furent remis. Ces temps-ci, les relations géopolitiques pratiquent abondamment l’usage du maillot : Emmanuel Macron a remis celui de l’équipe masculine de France de basket au Pape. Infantino cajole Alger alors que la CAN, la Coupe d’Afrique des nations, a eu lieu au Maroc en décembre et janvier dernier, un grand succès d’organisation qu’une erreur d’arbitrage ternira à la toute dernière minute de la finale. Rabat, l’ennemi numéro 1 du régime algérien, coorganisera la prochaine Coupe du monde en 2030 avec l’Espagne et le Portugal. À la clé : de l’audience, du soft power, des infrastructures, un statut de puissance régionale.
Alger veut mettre fin à son isolement
« Tout ce qui passe n’est que symbole » écrivait Goethe. En quelques jours, la puissance régionale, fort courtisée pour ses ressources en hydrocarbures, capitalise sur des sujets moins mercantiles : la religion et le sport. La première religion au monde, plus de deux milliards de croyants, et le sport le plus populaire de l’histoire de l’humanité se sont donné rendez-vous à Alger, successivement. Des symboles dont on n’attend pas de contreparties immédiates mais des images qui scellent un regain de légitimé pour le pays hôte. Il paraît que Dieu ne fait pas de politique, quoique, mais peut-on en dire autant de la FIFA ?
*Le roi Mohammed VI est commandeur des croyants.
Algérie : Quand le Pape et la FIFA se donnent la main
Deux visites officielles à Alger, un coup de pouce pour un régime en quête de légitimité.
À l’aube d’une visite qui pourrait faire trembler les fondations de l’Algérie, le Pape Léon XIV et Gianni Infantino, président de la FIFA, se succèdent dans la capitale. Une coïncidence qui fait sourire, mais qui soulève aussi des questions : est-ce un véritable soutien spirituel ou un simple coup de com’ pour un régime en mal de reconnaissance ?
Ce qui se passe réellement
Le Pape, combien de divisions ? La question, célèbrement posée par Staline, résonne à l’approche de la visite de Léon XIV. Ce dernier, en tant que « commandeur des chrétiens », choisit de débuter sa première tournée africaine par un pays musulman. Une décision qui, à première vue, semble audacieuse, mais qui n’est-elle pas aussi une manière de flatter le régime algérien ? Le président Tebboune, en quête de légitimité, a bien compris l’enjeu et a même pris soin d’inviter le Pape en personne lors de sa visite au Vatican.
Quant à Gianni Infantino, il arrive à Alger tel un évangéliste du ballon rond, flanqué de sa délégation. La FIFA, véritable empire du sport, ne se contente pas de faire des passes. Elle voit en l’Afrique un relais de croissance, et l’Algérie, avec ses milliards de fans potentiels, est un terrain de jeu idéal. Mais derrière cette façade de succès, que cache réellement cette opération de séduction ?
Le régime algérien en opération reconquête
Après une période d’isolement post-Hirak, le régime algérien, affaibli par des révoltes populaires, cherche à se repositionner sur l’échiquier géopolitique. La guerre en Ukraine a dopé les prix du gaz, permettant à l’Algérie de renflouer ses caisses. Mais à quel prix ? Des arrestations massives et une répression sans précédent contre toute forme d’opposition sont devenues la norme. Le régime, incarné par Tebboune, semble plus préoccupé par sa survie que par le bien-être de ses citoyens.
Saint-Augustin et Christophe Gleizes
Le Pape, en tant que « fils de Saint-Augustin », vient donc en Algérie, mais que peut-il vraiment apporter ? Lors de sa rencontre avec Macron, les sujets de préoccupation mondiale ont été abordés, mais qu’en est-il de la situation des journalistes emprisonnés, comme Christophe Gleizes ? Léon XIV sera-t-il un porte-voix pour les opprimés ou un simple acteur dans le théâtre politique algérien ?
Pourquoi cela dérange
Les incohérences sont frappantes. D’un côté, un Pape qui prêche l’amour et la paix, de l’autre, un régime qui emprisonne ses opposants. La FIFA, quant à elle, se présente comme un apôtre du fair-play tout en s’acoquinant avec des gouvernements douteux. Ce décalage entre les discours et la réalité est une farce tragique qui ne fait rire que ceux qui sont au pouvoir.
Ce que cela implique concrètement
Ces visites ne sont pas que des symboles. Elles renforcent un régime qui, au lieu de se réformer, choisit de s’entourer de figures d’autorité pour masquer ses dérives. Les images de ces rencontres seront utilisées pour justifier des actions répressives et maintenir un contrôle sur la population.
Lecture satirique
Ironie du sort : alors que le Pape et Infantino foulent le sol algérien, les véritables enjeux restent cachés. Les promesses de changement se heurtent à la réalité d’un régime autoritaire. Leurs discours, pleins de bonnes intentions, ne sont rien d’autre que des slogans vides, déconnectés des souffrances du peuple algérien.
Effet miroir international
Cette situation n’est pas unique à l’Algérie. Dans un monde où les régimes autoritaires se renforcent, la complicité tacite des institutions internationales et des figures religieuses soulève des questions éthiques. La FIFA, en particulier, semble prête à fermer les yeux sur les violations des droits humains tant que le spectacle continue.
À quoi s’attendre
À court terme, ces visites pourraient offrir un répit au régime algérien, mais à long terme, elles risquent de creuser encore plus le fossé entre le peuple et ses dirigeants. La légitimité acquise par ces rencontres pourrait rapidement se transformer en un boomerang, lorsque les vérités cachées émergeront.
Sources




