Air Canada : Quand la langue devient un crash test
Michael Rousseau, le directeur général d’Air Canada, a décidé de prendre sa retraite, mais pas avant d’avoir provoqué un véritable atterrissage en catastrophe sur le plan de la communication. Son message de condoléances, rédigé presque exclusivement en anglais, après la mort tragique de deux pilotes, a déclenché une tempête politique au Canada.
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Ce qui se passe réellement
Ses excuses n’auront pas suffi. Dans la foulée d’une polémique autour de son manque de maîtrise de la langue française, le directeur général d’Air Canada, Michael Rousseau, va prendre sa retraite d’ici fin septembre, a annoncé ce lundi 30 mars le conseil d’administration de la compagnie aérienne. Le dirigeant, qui est aux commandes du groupe depuis cinq ans, s’était attiré les foudres de plusieurs élus canadiens au sujet d’un message de condoléances quasi exclusivement en anglais après la mort de deux de ses pilotes dans une collision à l’aéroport LaGuardia, à New York.
Le Premier ministre canadien lui-même, Mark Carney, s’était dit « très déçu » par cette communication, estimant que Michael Rousseau avait « manqué de jugement et de compassion ».
Pourquoi cela dérange
Le patron avait expliqué que malgré « de nombreuses leçons [de français] sur plusieurs années », il était toujours « dans l’incapacité de [s’]exprimer en français de façon adéquate ». Mais qui aurait cru qu’un PDG d’une compagnie aérienne canadienne, dans un pays où le français est l’une des deux langues officielles, aurait des difficultés avec la langue de Molière ? C’est un peu comme si un chef cuisinier ne savait pas faire bouillir de l’eau.
Ce que cela implique concrètement
La controverse née du message de Michael Rousseau illustre les tensions existantes autour de la place de la langue française au Canada. « Michael Rousseau quitte Air Canada. Très bien. Mais le scandale est plus grand », a écrit Alexandre Pronkin, membre du conseil exécutif national du Parti québécois. Au sein du gouvernement fédéral, a-t-il dénoncé, « des ministres (…) répondent en anglais à des questions posées en français. Ce pays ne nous respecte pas. »
Lecture satirique
Alors que Rousseau s’excuse et promet de progresser, on ne peut s’empêcher de se demander si la prochaine étape sera un stage intensif de français pour les dirigeants d’Air Canada. Peut-être qu’un petit cours de communication interculturelle serait également bénéfique pour éviter de faire des vagues dans un pays où la langue est un sujet aussi sensible qu’un vol en turbulence.
Effet miroir international
En observant cette situation, on pourrait faire un parallèle avec d’autres pays où la langue et l’identité nationale sont au cœur des débats. Aux États-Unis, par exemple, les discours politiques sont souvent teintés de nationalisme linguistique, tandis qu’en Russie, la langue est utilisée comme un outil de contrôle social. Mais au Canada, il semble que le véritable défi soit de faire comprendre à ses dirigeants que la langue n’est pas qu’un outil de communication, mais aussi un symbole de respect et d’identité.
À quoi s’attendre
Avec la démission de Rousseau, Air Canada devra non seulement trouver un nouveau leader, mais aussi s’assurer que ce dernier maîtrise le français. Une tâche qui, espérons-le, ne nécessitera pas un autre crash médiatique pour être mise en œuvre.
Sources
Source : www.huffingtonpost.fr




