Cameroun : Un vice-président sur mesure pour un régime à la dérive

Le Parlement camerounais a adopté un projet de loi controversé pour instaurer un poste de vice-président, révélant ainsi une volonté manifeste de verrouiller le pouvoir.

Ce samedi 4 avril 2026, le Cameroun a franchi un nouveau cap dans la saga de son autoritarisme. L’Assemblée nationale et le Sénat, réunis en Congrès, ont voté en faveur de l’instauration d’un poste de vice-président, un rôle clé dans la succession présidentielle. Tout cela, malgré les cris d’alarme de l’opposition, qui semble avoir été réduite à un murmure dans un palais de verre clairsemé.

Ce qui se passe réellement

Les parlementaires, après un vote éclair de moins de 30 minutes, ont opté pour un « oui » à 201 voix contre 18, avec seulement 3 bulletins nuls. Un choix entre vert, rouge et jaune qui rappelle plus un jeu de société qu’un débat démocratique. L’honorable Ze Nguele, doyen d’âge du Sénat, a tenté de rappeler que la fonction de vice-président doit être clairement définie, mais qui se soucie des définitions quand le pouvoir est en jeu ?

« Nous assistons ici à la clôture définitive de l’espace démocratique », a déclaré la députée du PCRN, Ngo Issi, un constat partagé par Jean Michel Nintcheu, qui a dénoncé le renforcement de la dérive monarchique. Mais pour le député du RDPC, Roger Nkodo Ndang, tout cela est conforme à la Constitution et aux Conventions de l’Union africaine. Une belle manière de balayer d’un revers de main les préoccupations légitimes de l’opposition.

Pourquoi cela dérange

Cette révision constitutionnelle soulève des questions sur la santé de la démocratie au Cameroun. La création d’un poste de vice-président, loin d’être une avancée, semble être une manœuvre pour assurer la continuité d’un régime déjà contesté. La promesse d’un leadership partagé se transforme en une simple façade pour masquer une concentration de pouvoir.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de cette décision sont claires : un renforcement du contrôle du pouvoir exécutif, une réduction de l’espace démocratique et une légitimation des dérives autoritaires. Le président, conscient de sa responsabilité « fonctionnelle », semble plus préoccupé par son héritage que par le bien-être des Camerounais.

Lecture satirique

Le discours politique, empreint de promesses de démocratie, se heurte à la réalité d’une dérive monarchique. Les parlementaires, en votant à la quasi-unanimité, montrent que la discipline du parti prime sur la voix du peuple. Qui aurait cru que le vert, le rouge et le jaune seraient les couleurs de la démocratie au Cameroun ?

Effet miroir international

Cette situation n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires observées ailleurs, notamment en Russie ou aux États-Unis, où les leaders s’accrochent au pouvoir sous couvert de légitimité. Le Cameroun semble suivre cette triste tendance, où la démocratie est souvent une simple illusion.

À quoi s’attendre

Les tendances actuelles laissent présager un avenir sombre pour la démocratie camerounaise. L’instauration d’un vice-président sur mesure pourrait bien être le premier pas vers une consolidation du pouvoir exécutif, au détriment des libertés fondamentales.

Sources

Source : fr.allafrica.com

Visuel — Source : fr.allafrica.com
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