Agriculture algérienne : entre promesses d’État et réalité amère

L’expert agronome Akli Moussouni dénonce une agriculture algérienne en crise, où l’État est à la fois le sauveur attendu et le coupable silencieux.

Dans une contribution publiée le 9 avril 2026, Akli Moussouni, expert agronome, dresse un tableau peu flatteur du secteur agricole en Algérie. Sa critique acerbe s’articule autour de la filière oléicole, symbole d’un système englué dans des malentendus entre agriculteurs, pouvoirs publics et chercheurs. En somme, un véritable jeu de chaises musicales où personne ne semble prendre la bonne place.

Ce qui se passe réellement

Partant d’un constat alarmant — une production d’huile d’olive excédentaire qui peine à trouver preneur malgré une « bonne campagne » — Moussouni souligne une demande récurrente : l’intervention de l’État pour absorber ou exporter les surplus. Ce réflexe, selon lui, témoigne d’une méconnaissance des réalités du commerce international, un domaine jugé « complexe » et « concurrentiel », loin de l’idée d’un débouché automatique. Mais qui a dit que l’économie devait être simple ?

Les recommandations techniques des scientifiques, telles que l’amélioration des pratiques culturales ou l’optimisation de l’irrigation, sont jugées insuffisantes pour répondre à une crise qu’il qualifie de structurelle. Moussouni dénonce un décalage entre le discours académique et la réalité du terrain, comme si les chercheurs observaient un zoo sans jamais mettre les pieds dans la savane.

Pourquoi cela dérange

La critique ne s’arrête pas là. Moussouni pointe également du doigt les politiques agricoles, reposant sur un soutien financier massif : aides directes, subventions et exonérations fiscales. Ce qu’il appelle la « financiarisation » du secteur n’a pas conduit à une transformation réelle des mécanismes de fonctionnement. Au contraire, cela a engendré une ambiguïté dans le statut de l’agriculteur, devenu à la fois producteur et gestionnaire dans un environnement peu régulé. « Il produit ce qu’il veut et vend où il veut », résume-t-il, comme si la liberté était synonyme de chaos.

Ce que cela implique concrètement

Le résultat est un paradoxe : un État constamment sollicité pour financer et soutenir, des agriculteurs en quête d’accompagnement, et un recours croissant aux importations pour couvrir les besoins alimentaires du pays. En d’autres termes, l’Algérie se retrouve dans une situation où l’on attend l’aide de l’État tout en se tournant vers l’étranger pour manger. Un véritable tour de magie, mais sans le spectacle.

Lecture satirique

La promesse d’un État protecteur se heurte à la réalité d’une agriculture en déroute. Les discours politiques, pleins de bonnes intentions, semblent déconnectés des véritables enjeux. Comme si l’on pouvait résoudre une crise structurelle avec des promesses en l’air et des subventions. La logique est implacable : plus l’État intervient, moins l’agriculture se développe. Ironie du sort, n’est-ce pas ?

Effet miroir international

Dans un monde où les politiques agricoles sont souvent dictées par des logiques autoritaires, l’Algérie ne fait pas exception. Les promesses de l’État rappellent les discours des gouvernements d’ailleurs, où l’on promet monts et merveilles tout en laissant les agriculteurs dans la tourmente. Une danse macabre où chacun semble jouer son rôle à la perfection, mais où personne ne sort vainqueur.

À quoi s’attendre

Dans ce contexte international incertain, Moussouni alerte sur les risques pesant sur la sécurité alimentaire du pays. Si les politiques actuelles ne changent pas, l’avenir s’annonce sombre. Les défis à relever sont immenses, et les réponses apportées jusqu’ici restent largement en deçà des attentes. Préparez-vous, car la crise n’est pas prête de s’éclipser.

Sources

Source : lematindalgerie.com

Visuel — Source : lematindalgerie.com
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