Afrique de l’Ouest : Quand la Côte d’Ivoire et le Bénin avancent, le Sahel piétine
Dans une Afrique de l’Ouest à deux vitesses, les pays côtiers brillent tandis que leurs voisins sahéliens s’enlisent dans le chaos. Qui aurait cru que la stabilité pourrait devenir une denrée aussi rare ?
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Depuis dix ans, l’Afrique de l’Ouest assiste à un découplage saisissant. D’un côté, le Golfe de Guinée, avec des pays comme le Nigeria et le Bénin, qui affichent une croissance économique fulgurante. De l’autre, les États sahéliens, englués dans des crises sécuritaires et politiques. Un véritable contraste qui ferait rougir d’envie n’importe quel économiste en quête d’un bon sujet de thèse.
Ce qui se passe réellement
Le Bénin, sous la houlette de Patrice Talon, a mis en place une politique économique rigoureuse depuis 2016, affichant une croissance de 7,5 % en 2024. Paradoxalement, cette réussite repose sur des réformes ciblées plutôt que sur des ressources naturelles. À quelques jours des élections présidentielles, la continuité de cette politique est un enjeu crucial. Pendant ce temps, la Côte d’Ivoire, avec une croissance stable autour de 6 %, semble avoir trouvé la recette magique de la stabilité macroéconomique. Alassane Ouattara, malgré les critiques, préserve cette attractivité rare dans la sous-région.
Et que dire du Nigeria ? Sous Bola Tinubu, le pays assume des mesures douloureuses, comme la fin des subventions, tout en se lançant dans des projets d’infrastructure ambitieux, comme le port de Lekki. Pendant ce temps, le Ghana peine à se relever d’une restructuration de sa dette, et le Togo mise sur le tourisme urbain. Une belle compétition, n’est-ce pas ?
On assiste à une Afrique de l’Ouest à deux vitesses, où les choix économiques creusent un écart de plus en plus visible entre pays côtiers et États sahéliens.
Pourquoi cela dérange
Cette situation met en lumière les inégalités persistantes et le déséquilibre entre les zones rurales et urbaines. Les pays sahéliens, comme le Mali, le Niger et le Burkina Faso, semblent avoir perdu — ou n’ont jamais eu — un projet économique cohérent. En lieu et place, ils se retrouvent avec des juntes militaires qui préfèrent chanter des hymnes souverainistes plutôt que de s’attaquer aux véritables problèmes économiques.
Ce que cela implique concrètement
Les corridors terrestres, vitaux pour les importations, se transforment en zones de guerre, asphyxiés par des groupes djihadistes. En 2024, ces pays ont concentré plus de la moitié des décès liés au terrorisme dans le monde. Une belle performance, n’est-ce pas ?
Lecture satirique
Les discours politiques des dirigeants sahéliens, pleins de promesses de souveraineté, semblent déconnectés de la réalité. Pendant qu’ils accueillent des mercenaires russes, leurs populations souffrent. La promesse d’un avenir radieux se heurte à la dure réalité d’un présent chaotique.
Effet miroir international
Ce contraste rappelle les dérives autoritaires ailleurs dans le monde. Les États-Unis, avec leurs discours sur la liberté, et la Russie, avec son approche musclée, semblent parfois jouer dans la même cour que ces juntes militaires. Mais ici, les conséquences sont bien plus tragiques.
À quoi s’attendre
La tendance actuelle laisse présager une poursuite de cette divergence. Les pays du Golfe de Guinée avancent, même si c’est imparfaitement, tandis que leurs voisins sahéliens continuent de reculer. Une réalité qui ne semble pas prête de changer, à moins d’un miracle stratégique.




