Une production scientifique importante, mais un accès ouvert encore partiel
La note indique que la Chine représentait 15 % des articles scientifiques mondiaux en 2023. Elle relève aussi que, selon les données qu’elle mobilise pour 2022, moins de la moitié des publications chinoises étaient accessibles en libre accès. Ces chiffres décrivent des indicateurs différents : le premier porte sur la part de la Chine dans la production mondiale, le second sur la proportion de ses propres publications disponibles en accès ouvert. (ouvrirlascience.fr)
L’accès ouvert permet de consulter des publications scientifiques sans abonnement payant. Il ne signifie pas nécessairement que leur publication est gratuite pour les chercheurs : certaines revues facturent des frais de publication, appelés APC. La note rapporte que les autorités chinoises voient dans ces frais, notamment lorsqu’ils sont versés à des éditeurs étrangers, un enjeu économique. Elle mentionne également des préoccupations de sécurité nationale liées à la diffusion d’informations jugées sensibles. (ouvrirlascience.fr)
Des investissements pour renforcer les revues nationales

Selon le Comité, la Chine soutient notamment des archives ouvertes pour les publications et des entrepôts de données de recherche, sans disposer d’une stratégie nationale unique couvrant l’ensemble de la science ouverte. La note décrit donc des initiatives qui progressent, mais restent limitées et coexistent avec des réserves sur le partage de certaines informations. (ouvrirlascience.fr)
Un autre axe concerne les revues scientifiques du pays. La note explique que les chercheurs affiliés à des institutions chinoises privilégient souvent des revues internationales, tandis que les titres nationaux sont perçus comme moins compétitifs. Pour faire évoluer la situation, le gouvernement investit dans ces revues, notamment à travers le China Journal Excellence Action Plan (CJEAP). Le programme est présenté dans la note comme doté de 151 millions d’euros pour la période 2024-2029. (ouvrirlascience.fr)
L’objectif décrit ne serait pas seulement de retenir davantage de travaux de chercheurs chinois dans des revues nationales : il s’agirait aussi d’attirer des auteurs du monde entier. La note cite également le rachat, en 2019, d’EDP Sciences par l’éditeur chinois China Science Publishing & Media comme un signe de cette stratégie de développement éditorial. (ouvrirlascience.fr)
Ce que cela implique pour les chercheurs et les étudiants

Pour les chercheurs, ces évolutions touchent aux lieux où publier, aux coûts de diffusion des articles et à la disponibilité des résultats scientifiques. Pour les étudiants et les lecteurs, l’accès ouvert peut faciliter la consultation de travaux de recherche, mais il ne garantit pas que toutes les publications soient librement accessibles ni que les frais de publication disparaissent.
La note propose une analyse de politique scientifique : ses chiffres et ses interprétations doivent être compris dans ce cadre, et non comme une évaluation indépendante de l’efficacité du programme chinois. Elle met en lumière une tension centrale : élargir la circulation des connaissances tout en contrôlant les coûts, les données sensibles et la place des éditeurs nationaux dans un secteur internationalisé. (ouvrirlascience.fr)

Source : Ouvrir la Science
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