L’achat local, l’achat breton, c’est son leitmotiv. Pas une obsession et encore moins une injonction, mais tout simplement une question de bon sens et de cohérence pour Loic Hénaff.

Si les Bretons, comme les Alsaciens d’ailleurs, sont les plus locavores, le conseiller régional délégué aux relocalisations est en convaincu : on peut mieux faire que les 7% d’achats locaux.

Selon l’ancien président du réseau Produit en Bretagne, aujourd’hui à la tête de l’Agence économique régionale Next (Nouvelle économie, expertise et transitions), une prise de conscience et un petit effort pourraient avoir de grands effets.

Impacts forts pour l’emploi, l’économie et l’écologie

Comment ?  » Nous avons conduit une étude auprès des entreprises bretonnes afin d’évaluer la nature et la provenance de leurs achats, en Bretagne, en France et en Europe. 10% de ces achats pourraient s’effectuer dans la région. Le delta n’est pas neutre et les chiffres parlent : 130 000 emplois convertis en Bretagne, cinq milliards de PIB et 3,9 millions de tonnes de CO2 évités.

A ce titre, Loïc Hénaff considère que le cap fixé par la Région en décembre 2021 a été tenu.  » Nous étions à 50% d’achats bretons et nous visions les 75% : la collectivité régionale a donné l’exemple et nous sommes aujourd’hui à 78,5%. « 

Indice breton d’achat local

Comme l’a impulsé Produit en Bretagne à destination des particuliers,  » la Région s’est montrée  pionnière et exemplaire vis-à-vis des collectivités. Maintenant, poursuit Loïc Hénaff, il importe de convaincre nos entreprises de repenser leurs achats. Ce n’est pas toujours le cas, certes, mais cela peut aussi leur coûter moins cher.  »  Il faut étudier les achats dans leur globalité : sécurité, fiabilité, logistique, contraintes administratives, impact environnemental…

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« Encourageons les associations bretonnes à privilégier l’achat local » 

Conseiller régional le Bégarrois Arnaud Toudic défend ardemment l’idée selon laquelle le monde associatif en Bretagne est un acteur essentiel de nos territoires. En plus de créer du lien entre les générations, de faire vivre des traditions, d’animer des quartiers ou des villages,  » le dynamisme associatif breton participe à l’attractivité de nos territoires, au même titre qu’il a des retombées économiques fortes. « 

Délégué à la vie associative à la Région, celui qui a fait ses gammes dans une multitude d’associations aux aspirations et aux tonalités variées veut mettre aussi l’accent sur le poids économique de l’univers associatif. Sans négliger le nombre d’emplois directs, pas moins de 103 000 au sein des associations de la Région Bretagne.

Fort d’un sondage Ifop initié par la Région Bretagne – le premier à l’échelle hexagonale – Arnaud Toudic rapporte des chiffres éloquents : 52% des Bretons font partie d’une association quant un quart d’entre eux sont bénévoles. Soit dix points de plus que sur l’ensemble du territoire français.

« L’achat local pourrait être un indicateur clé » 

Arnaud Toudic le répète avec conviction, les 80 000 associations de la Bretagne administrative,  » équivalent à un potentiel économique qui s’ignore « .  » Nous voulons conscientiser cet impact, le faire savoir davantage aux collectivités, et encourager ces mêmes associations à privilégier l’achat local. Deux mille deux cent soixante responsables associatifs ont été sondés : 83 % travaillent localement, 26% à l’échelle départementale et 11% à l’échelle bretonne.

 » On le constate d’ailleurs, de plus en plus en de mairies qui octroient des subventions interrogent les présidents associatifs pour connaître leurs pratiques d’achats.  »  » Ce pourrait être un indicateur clé, au même que celui de la performance environnementale. « 

Dans cette veine, huit grandes entreprises bretonnes ont autorisé l’agence Next à regarder de près leurs livres d’achats et  » nous  avons trouvé des pistes d’amélioration « .

Parallèlement, avec tous les représentants et les instantes de l’économie en Bretagne, nous avons échangé et travaillé sur la stratégie d’achats. Charge à nous désormais de convaincre un nombre croissant d’entreprises de suivre le mouvement. Sur le site relocalisons.bzh nous avons développé des outils, mis en place un parcours de relocalisation et nous proposons une formation.

Sur le modèle de l’UIMM, l’indice breton d’achat local invite à observer dans le détail ses comptes en regardant précisément le code postal de ses achats. Le principe : regarder catégorie d’achat par catégorie afin d’amorcer un changement de culture et d’approche.

C’est une histoire de cohérence, affirme le conseiller régional, en alignant sa politique d’achats avec le discours affiché. Les enjeux sont multiples et un effort collectif peut être un facteur majeur de réindustrialisation. Selon ses dires, une réflexion doit être menée dans une logique de souveraineté, de robustesse et de résilience.  » Une entreprise ne peut être prospère sur un territoire pauvre. « 

Partenaire du deuxième salon 100% breton organisé à Vannes samedi 18 et dimanche 19 avril, la Région Bretagne sera présente. Dimanche après-midi, le conseiller régional Arnaud Toudic interviendra pour aborder le thème de l’achat local par le milieu associatif. 

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Achat local : la Bretagne, un modèle à suivre ou un mirage ?

Loïc Hénaff prône l’achat local en Bretagne, mais les chiffres révèlent une réalité bien moins reluisante. Entre promesses et résultats, où se cache la vérité ?

INTRODUCTION : Loïc Hénaff, conseiller régional délégué aux relocalisations, brandit l’achat local comme un étendard. Mais derrière cette belle rhétorique se cache une question cruciale : est-ce vraiment suffisant pour redresser l’économie bretonne ?

Ce qui se passe réellement

Les Bretons, champions de l’achat local, affichent fièrement un taux de 7% d’achats locaux. Loïc Hénaff, ancien président du réseau Produit en Bretagne, est convaincu qu’un petit effort pourrait transformer cette situation. Selon une étude, 10% des achats pourraient être réalisés dans la région, ce qui pourrait générer 130 000 emplois, cinq milliards de PIB et éviter 3,9 millions de tonnes de CO2. Mais ces chiffres, aussi séduisants soient-ils, sont-ils vraiment à la portée des entreprises bretonnes ?

Pourquoi cela dérange

La réalité est que, malgré les discours enflammés, la plupart des entreprises semblent réticentes à repenser leurs pratiques d’achat. Les promesses de conversion à l’achat local se heurtent à une inertie bien ancrée. La question se pose : pourquoi un tel fossé entre les intentions affichées et les actions concrètes ?

Ce que cela implique concrètement

Si l’on suit la logique de Loïc Hénaff, l’achat local pourrait être un levier pour la réindustrialisation. Mais pour cela, il faudrait que les entreprises bretonnes prennent conscience de leur impact économique et environnemental. La réalité, c’est que beaucoup d’entre elles continuent de privilégier des fournisseurs extérieurs, souvent pour des raisons de coût. Une contradiction qui pourrait bien coûter cher à la région à long terme.

Lecture satirique

Ah, l’achat local ! Un concept qui fait rêver les politiciens, mais qui semble se heurter à la dure réalité du marché. Entre les discours prometteurs et les actes, il y a un monde. Loïc Hénaff nous invite à croire que la Bretagne peut devenir un modèle de relocalisation, mais à quel prix ? La question reste en suspens, comme un nuage de pollution au-dessus de nos têtes.

Effet miroir international

À l’échelle mondiale, cette quête de l’achat local rappelle les discours de certains dirigeants autoritaires qui promettent monts et merveilles tout en se heurtant à la réalité économique. Entre les États-Unis et la Russie, les promesses de souveraineté économique sont souvent suivies d’effets d’annonce sans véritable substance. La Bretagne ne serait-elle pas en train de suivre le même chemin ?

À quoi s’attendre

Si les tendances actuelles se poursuivent, la Bretagne pourrait bien se retrouver piégée dans un cycle de promesses non tenues. Les entreprises doivent prendre conscience que l’achat local n’est pas seulement une question de fierté régionale, mais un impératif économique et écologique. Sinon, la belle image de la Bretagne risque de s’effriter.

Sources

Source : actu.fr

Achat local : la Région Bretagne veut sensibiliser et entraîner les entreprises
Visuel — Source : actu.fr
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