Accords de santé : l’Amérique d’abord, les données ensuite

Sous le vernis de la solidarité, les États-Unis imposent un marché de dupes aux pays africains, où la santé devient une marchandise à échanger.

Dans un monde où les promesses de santé mondiale fleurissent comme des fleurs en plastique, l’administration Trump a lancé sa politique “America First” avec une main tendue, mais des conditions cachées. Vingt pays africains et quatre d’Amérique latine ont signé des accords, mais le Zimbabwe et la Zambie, eux, ont eu la lucidité de dire non à cette offre empoisonnée.

Ce qui se passe réellement

Six mois après le lancement de cette initiative, les États-Unis, après avoir démantelé l’USAID, promettent de lutter contre le sida, la malaria et la tuberculose. Mais attention, ces promesses sont assorties de conditions qui feraient rougir un marchand de tapis. L’experte Sophie Harman souligne que l’extraction est le principe fondamental de cette politique. Une clause particulièrement controversée exige que les pays partenaires donnent accès aux données médicales de leurs citoyens. Officiellement, cela vise à détecter plus rapidement les épidémies. Mais, selon Harman, il s’agit aussi de donner aux entreprises américaines un accès exclusif à ces données, pour qu’elles puissent développer des vaccins et médicaments.

Les données de santé, un “nouvel or noir”

Nick Mangwana, ministre de l’Information zimbabwéen, résume la situation : “Notre nation aurait fourni les matières premières nécessaires aux découvertes scientifiques sans aucune garantie que les produits finaux soient accessibles à notre population.” En refusant d’être traités comme une “bio-colonie”, le Zimbabwe envoie un message fort : les données sanitaires sont un atout stratégique, pas une marchandise à brader.

Harman qualifie ces données de “nouvel or noir”, soulignant le risque que des compagnies pharmaceutiques américaines les utilisent pour développer des traitements revendus plus chers en Afrique qu’aux États-Unis. Au Kenya, le premier pays à signer cet accord, la mise en œuvre est suspendue par la justice, qui dénonce une violation de la loi sur la protection des données.

Pourquoi cela dérange

Les incohérences sont frappantes : d’un côté, des promesses de santé, de l’autre, une exploitation des données qui rappelle les pires heures du colonialisme. Les pays africains, déjà fragilisés par des pénuries de médicaments dues au retrait des fonds américains, se retrouvent pris au piège d’un accord déséquilibré.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont claires : les pays qui acceptent ces accords risquent de voir leurs données exploitées sans bénéfice pour leur propre population. La santé devient un produit d’exportation, tandis que les besoins locaux sont ignorés.

Lecture satirique

Il est ironique de voir les États-Unis se présenter comme des sauveurs de la santé mondiale tout en conditionnant leur aide à l’accès aux données. Cela rappelle les promesses de certains dirigeants qui, sous couvert de bienveillance, ne cherchent qu’à s’enrichir. La réalité est que, derrière le discours de solidarité, se cache une logique d’exploitation.

Effet miroir international

Cette situation n’est pas sans rappeler d’autres dérives autoritaires, où les pays riches imposent leurs conditions aux plus vulnérables. Les États-Unis, en jouant sur les besoins de santé des pays africains, se comportent comme un colosse aux pieds d’argile, prêt à écraser ceux qui osent s’opposer à leur volonté.

À quoi s’attendre

Si cette tendance se poursuit, on peut s’attendre à une intensification des tensions entre les pays africains et les États-Unis, ainsi qu’à une résistance croissante face à cette forme de néocolonialisme. Les pays qui refusent de se plier à ces exigences pourraient voir leur accès à l’aide américaine réduit, mais ils gagneront en dignité et en souveraineté.

Sources

Source : www.courrierinternational.com

Visuel — Source : www.courrierinternational.com
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