Des scientifiques ont découvert que les spermatozoïdes s’altèrent pendant les périodes d’abstinence. Un spécialiste de la reproduction explique ce phénomène au « Point ».

L’infertilité touche aujourd’hui 3,3 millions de personnes en France. C’est un couple sur quatre qui est confronté à des difficultés pour concevoir un enfant. Si l’augmentation de l’infertilité s’explique par l’association du recul de l’âge de procréation, du tabagisme, de l’exposition aux perturbateurs endocriniens, ou encore de la pollution, elle résulte également de causes médicales liées à une anomalie biologique de fonctionnement de l’appareil reproducteur de l’homme ou de la femme.

Dans le cadre d’une analyse, un traitement de la fertilité ou une procédure d’assistance médicale à la procréation (AMP), faut-il respecter une durée d’abstinence sexuelle ? Pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la réponse est oui. Elle recommande une période d’abstinence allant de deux à sept jours avant de fournir un échantillon de sperme. Mais, pour une équipe de scientifiques d’Oxford (Royaume-Uni), la réponse semble bien différente.

Selon les conclusions de leur étude, le sperme se détériore au fur et à mesure du temps passé dans le corps. « Chez les hommes, les effets négatifs que nous avons constatés sur les dommages à l’ADN des spermatozoïdes et les dommages oxydatifs étaient relativement importants, nous sommes donc convaincus qu’il s’agit d’un effet biologiquement significatif et important », résume le Dr Krish Sanghvi, biologiste à l’Université d’Oxford et auteur principal de l’étude.

Dommages à l’ADN

Précisément, plus les hommes restaient longtemps sans rapports sexuels avec une éjaculation, plus leurs spermatozoïdes présentaient des signes de dommages à l’ADN et de stress oxydatif. Les tests réalisés ont également indiqué que leurs spermatozoïdes étaient moins viables et moins mobiles. Ces conclusions ont pu être formulées grâce à une méta-analyse regroupant 115 études menées chez l’humain, portant sur près de 55 000 hommes, et 56 études examinant l’impact de la conservation du sperme chez 30 espèces non-humaines.

Le Pr Michaël Grynberg, chef du service de Médecine de la Reproduction et Préservation de la Fertilité à l’Hôpital Antoine-Béclère de Clamart, explique : « Dans un processus de congélation des spermatozoïdes nous remarquons que si les hommes n’ont pas éjaculé depuis longtemps, il y a beaucoup de spermatozoïdes morts ou peu mobiles. Si un deuxième recueil est fait le jour même ou le lendemain, le deuxième éjaculat est meilleur que le premier ».

Contrairement à une croyance répandue, ce n’est pas la quantité de sperme qui importe lors de l’éjaculation. « Plus on attend et plus le volume de l’éjaculation est important. Mais le volume des spermatozoïdes représente moins d’1 % dans l’éjaculat. Ce n’est pas parce que le volume est important que tous les spermatozoïdes sont de bonne qualité. Ce n’est pas sur le volume d’éjaculat que l’on peut savoir s’il y a beaucoup de spermatozoïdes. Si les spermatozoïdes sont stockés dans le corps, ils vont stagner au niveau d’un canal dans l’attente d’une émission pour être expulsés », explique le Pr Grynberg.

Améliorer la qualité de son sperme

Il y a quelques années, une étude publiée dans la revue Human Reproduction Update alertait sur la baisse de la concentration en spermatozoïdes sur la planète. « La concentration en spermatozoïdes a sensiblement diminué entre 1973 et 2018 », alertaient les auteurs de ce travail. Avant de préciser : « Les données laissent penser que ce déclin mondial se poursuit à un rythme accéléré depuis le début du XXIe siècle ».

Le Pr Grynberg rappelle les règles d’hygiène de vie à suivre pour améliorer la qualité du sperme. Dans le détail, il recommande de s’alimenter de manière saine, de limiter l’exposition à un environnement toxique, aux pesticides. « Il vaut mieux ne pas fumer de tabac et de cannabis car ces substances sont toxiques pour les spermatozoïdes. Elles peuvent les détruire et engendrer – même chez la partenaire – des fausses couches ».

« Aujourd’hui, il y a beaucoup de choses qui font que le nombre de spermatozoïdes diminue. C’est le reflet de notre mode de vie. En plus de ces conseils concernant le mode de vie, il est également important d’avoir des éjaculations régulières pour faire fonctionner tout le système reproductif », conclut le spécialiste de la reproduction.

Abstinence : Le Sperme en Panne, la Fertilité en Danger

Des scientifiques révèlent que l’abstinence prolongée altère la qualité du sperme, un constat qui fait écho à l’infertilité croissante en France.

Dans un monde où l’infertilité touche 3,3 millions de personnes en France, il semble que le véritable problème ne soit pas seulement l’âge de procréation ou les perturbateurs endocriniens, mais aussi une question de… timing. Oui, vous avez bien entendu : les spermatozoïdes, ces vaillants petits soldats de la reproduction, se dégradent pendant l’abstinence. Qui aurait cru que la clé de la fertilité résidait dans la fréquence des éjaculations ?

Ce qui se passe réellement

Selon une étude menée par des chercheurs d’Oxford, le sperme se détériore au fil du temps passé dans le corps. Le Dr Krish Sanghvi, biologiste à l’Université d’Oxford, explique que les dommages à l’ADN des spermatozoïdes augmentent avec l’abstinence. En clair, plus vous attendez, moins vos spermatozoïdes sont en forme. Ce constat, basé sur une méta-analyse de 115 études, remet en question les recommandations de l’OMS qui préconise une abstinence de deux à sept jours avant un échantillon de sperme.

Pourquoi cela dérange

Ce qui est particulièrement ironique, c’est que les conseils de l’OMS, bien intentionnés, pourraient en fait aggraver la situation. Alors que l’infertilité est en hausse, on pourrait se demander si les recommandations ne sont pas un peu déconnectées de la réalité biologique. La promesse d’une meilleure fertilité par l’abstinence se heurte à la dure réalité des spermatozoïdes en déclin.

Ce que cela implique concrètement

Les implications sont claires : pour améliorer la qualité du sperme, il faut éjaculer régulièrement. Cela remet en question non seulement les pratiques de procréation assistée, mais aussi les normes sociales qui entourent la sexualité masculine. Qui aurait cru que la clé de la fertilité résidait dans une pratique aussi simple que de ne pas se retenir ?

Lecture satirique

Dans un monde où les politiques ultraconservatrices prônent souvent l’abstinence comme solution miracle, cette étude vient balayer ces idées d’un revers de main. Les discours politiques sur la moralité et la sexualité semblent de plus en plus déconnectés des réalités scientifiques. Peut-être que les décideurs devraient passer un peu plus de temps à lire des études plutôt qu’à faire des discours ?

Effet miroir international

À l’échelle mondiale, cette situation rappelle les politiques autoritaires qui prônent le contrôle des corps et des sexualités. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, les discours sur la famille traditionnelle et la procréation sont souvent en décalage avec les réalités biologiques. La science, une fois de plus, semble être le parent pauvre des débats politiques.

À quoi s’attendre

Si les tendances actuelles se poursuivent, nous pourrions assister à une augmentation continue des problèmes de fertilité. Les recommandations doivent évoluer pour s’adapter aux découvertes scientifiques, et cela pourrait nécessiter un changement radical dans la façon dont nous abordons la sexualité et la reproduction.

Sources

Source : www.lepoint.fr

Des éjaculations plus fréquentes peuvent améliorer la fertilité masculine, selon une étude
Visuel — Source : www.lepoint.fr
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