Absentéisme : Quand l’école devient une option, pas une obligation

Des jeunes de Lanaudière s’absentent plus de 100 jours par an, révélant une souffrance bien plus profonde que la simple paresse.

Dans un monde où l’éducation est censée être la clé de la réussite, il semblerait que certains jeunes aient trouvé la porte de sortie. Une enquête récente met en lumière l’absentéisme chronique dans un coin défavorisé de Lanaudière, où des adolescents de 14 à 16 ans choisissent de ne pas se rendre à l’école. Mais attention, ce n’est pas par manque d’intérêt pour les cours, mais plutôt à cause d’un système qui semble avoir oublié leur existence.

Ce qui se passe réellement

Les jeunes interrogés ne manquent pas d’arguments : « C’est pas le cours que j’aimais pas. C’est le prof. » Un autre ajoute, avec une lucidité déconcertante : « Peu importe mes efforts, ça changeait rien. Je coulais quand même. » Ces témoignages révèlent une réalité troublante où l’absentéisme n’est pas le résultat d’une délinquance, mais d’une souffrance profonde. Le Carrefour jeunesse-emploi de Montcalm a mené une enquête auprès de 15 jeunes, 7 parents et 6 intervenants pour tenter de comprendre ce phénomène. Le résultat ? Une avalanche de désespoir, de pression financière et de désengagement.

Pourquoi cela dérange

Il est difficile de ne pas voir l’absurdité de la situation : des jeunes qui, malgré l’obligation légale de fréquenter l’école, choisissent de s’absenter plus de 100 jours par an. Et pourquoi ? Parce qu’ils ont le code du portail informatique de leurs parents et peuvent « motiver eux-mêmes leurs propres absences ». La règle des 10 jours consécutifs d’absence, qui devrait déclencher un appel à la DPJ, est contournée avec une facilité déconcertante. « Certains jeunes effectuent des retours ponctuels à l’école afin de “remettre le compteur à zéro” et éviter l’intervention », comme le souligne le rapport. Qui a dit que la créativité était réservée aux artistes ?

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de cet absentéisme chronique sont alarmantes. « Un absentéisme chronique mène tout droit vers le décrochage », rappelle Marc Alain, professeur à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Pourtant, le centre de services scolaire des Samares semble se contenter de prendre « le temps nécessaire pour prendre connaissance » du rapport, comme s’il s’agissait d’une simple formalité. Pendant ce temps, ces jeunes continuent de naviguer dans un système qui ne les voit pas.

Lecture satirique

Il est fascinant de constater à quel point les discours politiques sur l’éducation sont déconnectés de la réalité. Les promesses d’un système éducatif inclusif et bienveillant semblent s’évaporer face à des chiffres alarmants. Les jeunes en difficulté ne sont pas des cas isolés, mais des victimes d’un système qui préfère ignorer la souffrance plutôt que d’agir. Pendant que certains se battent pour un avenir meilleur, d’autres se retrouvent piégés dans un cycle de désespoir, sans que personne ne s’en soucie vraiment.

Effet miroir international

Si l’on regarde au-delà des frontières, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec des politiques autoritaires qui ignorent les voix des plus vulnérables. Que ce soit aux États-Unis, en Russie ou ailleurs, la tendance à négliger les besoins des jeunes au profit de discours politiques creux est alarmante. La souffrance de ces adolescents de Lanaudière n’est pas un cas isolé, mais un reflet d’une problématique globale.

À quoi s’attendre

Si rien ne change, on peut s’attendre à voir ces jeunes continuer à s’absenter, à se sentir invisibles et à sombrer dans le décrochage. Les promesses d’un avenir radieux ne suffisent pas à compenser l’absence de soutien réel. Il est temps que les décideurs prennent conscience de la réalité sur le terrain et agissent en conséquence.

Sources

Source : www.lapresse.ca

Visuel — Source : www.lapresse.ca
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