À Strasbourg, dans le Bas-Rhin, l’UNI a annoncé le jeudi 13 février 2025 la suspension de deux de ses adhérents, dans l’attente de l’enquête sur des photomontages diffusés en ligne et dénoncés pour leur contenu antisémite, raciste et sexiste. À cette date, le syndicat disait aussi vouloir porter plainte contre X ; l’Université de Strasbourg avait, de son côté, signalé les faits au parquet et ouvert une enquête administrative.

Deux adhérents suspendus, pas toute la section

Dans un communiqué publié le 13 février, la direction nationale de l’Union nationale interuniversitaire (UNI) a indiqué que les personnes figurant sur les montages étaient suspendues du mouvement pendant les vérifications. Contacté par 20 Minutes, le bureau national a précisé que la mesure concernait deux adhérents, et non l’ensemble des membres de la section strasbourgeoise. Il a également annoncé prendre temporairement la direction de cette section.
Le syndicat a déclaré condamner les montages et vouloir déposer une plainte contre X, estimant que leur diffusion portait atteinte à sa réputation. L’annonce d’un dépôt de plainte ne signifie toutefois pas, à elle seule, qu’une plainte a déjà été enregistrée.
Une enquête de l’université et un signalement au parquet
L’affaire concerne des images présentées sur les réseaux sociaux comme un « jeu de cartes » comportant des représentations et des propos jugés antisémites, racistes, sexistes et islamophobes. Le collectif militant juif Golem a accusé des membres ou proches de l’UNI Strasbourg d’être à l’origine de leur création ou de leur diffusion. Ces accusations n’établissent pas, à elles seules, qui a réalisé les images ni dans quelles circonstances.
Le 11 février 2025, le président de l’Université de Strasbourg, Michel Deneken, avait annoncé un signalement au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale et l’ouverture d’une enquête administrative. Cette procédure interne est distincte d’une enquête judiciaire. Le signalement, lui, consiste à porter des faits à la connaissance du parquet : il ne vaut ni mise en examen ni condamnation. L’université l’a précisé dans son communiqué du 11 février.
Une mesure interne, puis une décision concernant le campus
Concrètement, la suspension annoncée par l’UNI était une mesure prise par le syndicat dans l’attente des résultats de ses vérifications. Elle ne constituait pas une sanction pénale et ne préjugeait pas de l’issue des enquêtes.
Une suite distincte est intervenue le 25 février 2025 : le président de l’université a interdit au président de la section strasbourgeoise de l’UNI l’accès aux locaux et enceintes universitaires pendant trente jours. Le 12 mars, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté la demande en référé visant à suspendre cette décision. Cette ordonnance portait sur la mesure d’accès au campus, et non sur la culpabilité pénale des personnes mises en cause. Le tribunal en a rendu compte le 12 mars 2025.
Au moment de l’annonce de l’UNI, l’identité des auteurs des montages et les conclusions des enquêtes n’étaient pas établies dans les informations publiées. Les mesures internes et universitaires rapportées ne doivent donc pas être confondues avec une décision judiciaire sur les faits.
Source : 20Minutes – Actu Strasbourg
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