À Rennes, l’expulsion de familles : quand la lutte contre le narcotrafic rime avec sanction collective
17 familles menacées d’expulsion pour des liens avec le narcotrafic : une mesure qui soulève des questions éthiques et politiques.
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À Rennes, la préfecture a décidé de frapper fort dans sa lutte contre le narcotrafic. En effet, 17 familles vivant dans des logements sociaux pourraient être expulsées en raison de liens avec le trafic de drogue. Une décision qui, sous couvert de sécurité, semble plutôt être une sanction collective, comme le dénoncent des collectifs et des avocats.
Ce qui se passe réellement
Dans les quartiers de Rennes (Ille-et-Vilaine), où le narcotrafic s’est installé comme un invité indésirable, 17 familles pourraient bientôt être expulsées de leur logement social. La préfecture, en jouant la carte de la fermeté, justifie cette mesure par la nécessité de lutter contre les points de deal. Mais cette approche soulève des interrogations : est-il juste de punir des familles entières pour les actes d’un seul membre ? Mérième, membre du collectif Rennes Sud, résume la situation : « C’est ajouter de la précarité à la précarité. »
Dans ce dossier, un fils aîné a été condamné à du travail d’intérêt général pour trafic de drogue. Mais la sanction s’étend à toute la famille, comme l’explique Me Irène Thébault, avocate d’une famille menacée d’expulsion : « On n’est certainement pas sur un appartement nourrice. Il n’y a pas de stockage de produits stupéfiants dans l’appartement. » La question se pose alors : ces faits sont-ils suffisamment graves pour justifier l’expulsion d’une mère et de ses trois fils, dont un âgé de seulement trois ans ?
Pourquoi cela dérange
Cette situation met en lumière une incohérence flagrante : la lutte contre le narcotrafic semble se faire au détriment des droits des familles. Alors que l’État prétend vouloir protéger les citoyens, il choisit de sacrifier des innocents sur l’autel de la sécurité. En réalité, cette décision ne fait qu’aggraver la précarité des plus vulnérables, sans s’attaquer aux véritables causes du problème.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences de cette politique sont désastreuses. En expulsant ces familles, l’État ne fait que déplacer le problème, sans le résoudre. Les enfants, déjà en situation précaire, se retrouvent confrontés à une instabilité supplémentaire. Au lieu de trouver des solutions durables, la préfecture choisit la voie de la répression.
Lecture satirique
Il est ironique de constater que, dans un pays qui se veut démocratique, la réponse à un problème complexe comme le narcotrafic se résume à expulser des familles. Cela rappelle les dérives autoritaires où l’on préfère punir les innocents plutôt que de s’attaquer aux véritables responsables. La promesse d’une société plus juste semble s’évanouir face à des décisions aussi absurdes.
Effet miroir international
Cette situation n’est pas sans rappeler les politiques autoritaires mises en place dans d’autres pays, où la répression prime sur la justice sociale. Aux États-Unis ou en Russie, des mesures similaires sont souvent justifiées par la lutte contre le crime, mais finissent par nuire aux plus faibles. À quand une réelle prise de conscience de ces dérives ?
À quoi s’attendre
La décision finale concernant l’expulsion de ces familles sera rendue le 5 mai. En attendant, il est à craindre que cette politique continue de se développer, au détriment des droits humains et de la justice sociale.




