Rima Hassan comparaît les 19 et 20 octobre 2026 devant le tribunal correctionnel de Paris, poursuivie pour apologie du terrorisme. La procédure porte sur un message publié le 26 mars sur X, puis supprimé, qui reprenait une citation attribuée à Kozo Okamoto, auteur de l’attentat de 1972 à l’aéroport de Tel-Aviv. L’avocat de l’eurodéputée estime que l’affaire vise à la faire taire ; une organisation partie civile défend une lecture opposée du message.

Un message au cœur des poursuites

Dans sa publication, Rima Hassan avait relayé ces mots attribués à Okamoto : « Tant qu’il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir ». Le message a été signalé au parquet par le ministre de l’Intérieur, puis par l’Organisation juive européenne (OJE) et la Licra.
La procédure a conduit l’eurodéputée à être placée en garde à vue environ une semaine plus tard. Elle est aujourd’hui jugée pour apologie du terrorisme : il s’agit d’une accusation, et non d’une condamnation.
Des interprétations opposées
Pour Muriel Ouakine-Melki, présidente de l’OJE, le danger réside dans le fait de présenter un acte terroriste comme un acte de résistance ou de lui donner une forme de légitimité.
Vincent Brengarth, avocat de Rima Hassan, soutient au contraire que sa cliente est visée en raison de ses prises de position. Il affirme qu’« on cherche à la faire taire » et évoque des « motivations politiques sous-jacentes ». Il relie cette procédure aux critiques de l’eurodéputée sur ce qu’elle décrit comme l’impunité entourant les crimes commis à Gaza.
La garde à vue et la plainte contre Laurent Nuñez
La garde à vue a aussi suscité une polémique après la publication, par plusieurs médias citant une source proche du dossier, d’informations sur la découverte présumée de produits stupéfiants dans le sac de l’élue. L’enquête portant sur une éventuelle détention de stupéfiants a ensuite été classée sans suite, après l’analyse de deux contenants retrouvés.
Rima Hassan a porté plainte contre le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, qui conteste avoir participé à la diffusion de cette information. Selon les éléments rapportés, l’eurodéputée a également été entendue par l’IGPN le jeudi précédant la publication, dans le cadre d’une enquête sur une possible violation du secret de l’enquête.
Une audience reportée depuis juillet
Le procès devait initialement se tenir en juillet, mais l’audience avait été renvoyée à la demande de la défense. Celle-ci avait alors dénoncé l’arrivée tardive d’un grand nombre de constitutions de parties civiles. Lors de cette première audience, plusieurs centaines de personnes, dont Jean-Luc Mélenchon, s’étaient réunies pour soutenir l’élue.
Rima Hassan avait qualifié la procédure de « politique », affirmant qu’elle cherchait à intimider celles et ceux qui dénoncent les crimes israéliens. Le tribunal doit examiner les faits à l’origine des poursuites ainsi que les arguments présentés par les parties.
Source : 20Minutes – Une (www.20minutes.fr)
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Auteur : 20 Minutes avec AFP







