À Nîmes, la gauche reprend le contrôle après 25 ans de droite
Mise à jour le 2026-03-23 05:00:00 : Vincent Bouget, candidat de l’union de gauche, remporte les élections municipales, mettant fin à un règne de droite de 25 ans.
Dimanche 22 mars 2026, le scrutin du second tour des Municipales à Nîmes a désigné le candidat de la liste d’union de gauche, Vincent Bouget, comme nouveau maire. En quelques heures, ce sont 25 ans de gestion par une majorité de droite qui s’achèvent, et le retour à une mairie de gauche qui rappelle celle de 1995.
Résultats des élections municipales 2026
20 heures étaient à peine passées de quelques minutes, dimanche 22 mars 2026, qu’un parfum de victoire commençait déjà à se répandre au QG de Vincent Bouget. Le dépouillement des bulletins touchant à sa fin, les militants du candidat de l’union de gauche à Nîmes se sont vus annoncer un premier résultat : la liste de ‘Nîmes en commun’, qui réunit PCF, PS et Écologistes, est en tête.
Malgré la pluie et le vent, les nombreux soutiens se sont mis à scander : “on a gagné, on a gagné”, multipliant les accolades et verres levés.
Quelques dizaines de minutes plus tard, les résultats définitifs sont venus sceller cette victoire : le candidat de gauche l’a emporté avec 40,97 % des voix, soit 1 852 voix d’avance sur son adversaire du Rassemblement national (37,52 % des voix) et distançant de 10 447 voix la liste de droite représentée par Franck Proust (21,51 %).
Le soulagement était d’autant plus intense qu’une semaine plus tôt, au même endroit, on apprenait que la liste RN menée par Julien Sanchez se hissait en tête du premier tour dans la préfecture gardoise, avec 30,39 % des suffrages et seulement 163 voix d’avance. « On va garder la tête haute », avait alors tenté de positiver Vincent Bouget.
Dans le QG de son adversaire d’extrême droite, ce même dimanche 15 mars au soir, le ton était inversement enthousiaste : le scrutin était jugé « de bon augure pour la suite » par Julien Sanchez, l’œil pétillant devant un parterre de soutiens et militants. Le député européen et ancien maire de Beaucaire de 42 ans, grand espoir du RN dans le Gard, se voyait déjà reprendre le trône de la droite républicaine à la mairie de Nîmes. « Les Nîmois ont envie de changement, il faut aller jusqu’au bout”, promettait-il.
« Les Nîmois appellent de leur vœu un cap nouveau », confirmait, ironiquement, le maire sortant (LR) Jean-Paul Fournier, dimanche 22 mars, constatant la défaite de sa propre famille politique. « Je le regrette un peu car il me semble hasardeux, mais il s’agit d’un choix souverain que je respecte », a reconnu l’édile par voie de communiqué. À la tête de la commune de 150 000 habitants depuis 25 ans, l’octogénaire avait fait ses adieux aux Nîmois lors de son dernier conseil municipal, début février 2026, ne cachant pas son émotion. Il laissait ainsi la plus grande ville possédée par les Républicains en héritage à son successeur légitime, Franck Proust, lui-même concurrencé par Julien Plantier, ex-conseiller municipal de la majorité ayant décidé de faire cavalier seul.
Le candidat RN ne s’est pas montré aussi résilient. “Ce soir, la droite nîmoise a perdu son honneur », a-t-il fustigé à l’annonce des résultats. « Alors que la gauche est minoritaire dans notre ville, la droite la plus bête du monde lui a offert Nîmes sur un plateau. » Dès l’avant-premier tour, Julien Sanchez avait tendu la main à la droite divisée à Nîmes. Franck Proust, le candidat LR favori du maire sortant, et Julien Plantier, avaient tous deux refusé cette main tendue.
Même dans l’entre-deux tours, les deux Républicains avaient préféré enterrer leurs vieilles querelles en improvisant une liste de fusion, plutôt que de céder aux propositions réitérées de l’extrême droite. Ils s’en sont finalement sortis maigrement avec six sièges au conseil municipal, sur les 59 que compte la métropole. « Les deux dauphins du maire ont tué 25 ans de travail pour des petits calculs politiciens », a balancé Julien Sanchez, tranchant.
Le candidat RN battu dans son QG, dimanche 22 mars 2026, après les résultats du second tour des Municipales à Nîmes.
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© FTV / Dalila Iberrakene
Le Rassemblement national constitue désormais la principale force d’opposition à la mairie, avec 11 conseillers municipaux. Julien Sanchez a promis, au micro de France 3 Occitanie, d’user de cette force. « Je rappellerai [au nouveau maire] qu’il faut plus de moyens pour la sécurité et qu’il faut lutter contre le communautarisme », a-t-il juré.
Le candidat RN a aussi annoncé le dépôt d’un « recours en annulation de cette élection », rapporte l’AFP, en évoquant notamment des « tracts mensongers et diffamatoires appelant à la haine envers le RN ».
Vers 22 heures, alors que la soirée électorale battait son plein du côté des militants de gauche, qui hurlaient leur joie dans les rues de Nîmes ou la dansaient au bar associatif Le Prolé, la permanence du Républicain Franck Proust était, quant à elle, déserte. Le candidat vaincu ne s’est pas montré après les résultats. L’âge d’or de la droite à Nîmes s’est donc achevée dans le silence.
Au balcon du premier étage de l’hôtel de ville, le professeur communiste Vincent Bouget, escorté depuis le café Le Prolé par des centaines de soutiens, a prononcé ses premières paroles de maire : « Face à la tentation du repli, de la division, vous avez fait le choix de la solidarité. Nous allons faire de Nîmes une grande ville méditerranéenne qui compte », a-t-il promis.
Pour Emmanuel Négrier, chercheur en sciences politiques au CNRS, ce “vaste rassemblement autour de Vincent Bouget » n’est pas sans rappeler une certaine « culture nîmoise » autour du Parti communiste. Le scénario rappelle en effet celui de 1995, alors qu’une droite fractionnée avait été battue par le communiste Alain Clary. Avant lui, Émile Jourdan avait régné sur la cité antique pendant 18 ans, de 1965 et 1983.
Ce qu’il faut savoir
- Le fait : Vincent Bouget remporte les élections municipales à Nîmes.
- Qui est concerné : Les citoyens de Nîmes et les partis politiques locaux.
- Quand : Dimanche 22 mars 2026.
- Où : Nîmes, France.
Sources

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Date : 2026-03-23 05:00:00 — Site : france3-regions.franceinfo.fr
Auteur : Cédric Balcon-Hermand — Biographie & projets
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Publié le : 2026-03-23 05:00:00 — Slug : a-nimes-25-ans-de-regne-balayes-en-une-soiree-les-republicains-perdent-leur-plus-grande-ville-de-france-au-profit-dun-maire-communiste
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