À Lyon, dans le Rhône, des militants identifiés par la préfecture comme appartenant à l’ultradroite ont défilé lundi 19 octobre au soir après s’être mêlés à un rassemblement place Bellecour en soutien aux commerçants et aux forces de l’ordre. La marche a eu lieu alors qu’un arrêté préfectoral interdisait les rassemblements revendicatifs dans une partie de la Presqu’île.

Du rassemblement à la marche rue Victor-Hugo

L’appel au rassemblement avait circulé sur les réseaux sociaux après les pillages et dégradations commis à Lyon pendant le week-end des 17 et 18 octobre, en marge des manifestations contre la vie chère. Les auteurs de cet appel initial n’étaient pas connus. Environ 500 personnes étaient présentes place Bellecour vers 20 heures, selon les organisateurs, parmi lesquelles des commerçants, des habitants et des élus.
La préfecture indique que ce premier rassemblement s’est déroulé sans incident et que ses participants se sont dispersés avant le couvre-feu, fixé à 21 heures. Selon ses services, des militants d’ultradroite se sont alors regroupés après avoir rejoint la mobilisation. Ils ont emprunté la rue Victor-Hugo, avec une banderole, puis se sont dispersés aux alentours de 21 heures place Carnot, hors du périmètre du couvre-feu.
La marche s’est donc déroulée pendant la période où les attroupements revendicatifs étaient interdits dans le secteur concerné, de 18 à 21 heures. La préfecture avait toutefois indiqué que le rassemblement initial n’avait pas pu prendre connaissance de l’arrêté, publié tardivement. Elle affirme qu’aucun trouble à l’ordre public n’a été signalé durant la brève déambulation du groupe.
Des slogans signalés au procureur
Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, authentifiées par l’équipe des Révélateurs de France Télévisions, montrent notamment des militants scandant « Avant, avant, Lyon le melhor ». La préfecture a également signalé au procureur de la République des propos qu’elle estime islamophobes et xénophobes. Cette démarche ne permet pas, à elle seule, de conclure qu’une enquête a été ouverte ou qu’une infraction a été retenue.
Le préfet du Rhône, Étienne Guyot, a condamné la récupération du rassemblement. Le maire de Lyon, Grégory Doucet, a lui aussi dénoncé les slogans haineux et appelé à l’apaisement. Les autorités n’ont pas communiqué de bilan d’interpellations lié à cette marche.
Ce que cela change pour les habitants
Les restrictions du lundi soir ne concernaient pas toute la ville : elles s’appliquaient à une partie de la Presqu’île. Le couvre-feu interdisait la présence sur la voie publique de 21 heures à 6 heures. Pour la soirée du mardi 20 octobre, la préfecture a reconduit ces mesures dans le secteur concerné, avec une interdiction des rassemblements revendicatifs de 16 à 21 heures, puis un couvre-feu de 21 heures à 6 heures mercredi.
La situation judiciaire concernant les propos signalés reste à préciser. La préfecture n’a pas indiqué publiquement quelles suites le parquet leur donnerait.
Source : franceinfo- Auvergne-Rhône-Alpes
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