Des dossiers repérés par les services de l’asile
Selon les éléments rapportés par la BBC, les enquêteurs soupçonnent les personnes interpellées d’avoir préparé de faux documents et des photographies mises en scène pour appuyer des demandes de protection. Deux suspects sont soupçonnés de fraude et d’infractions à la législation sur l’immigration. Le troisième a été arrêté pour séjour irrégulier.
Les enquêteurs ont saisi des téléphones, des bijoux et plusieurs milliers de livres en espèces. L’enquête porte notamment sur des demandes associées à Apanjon, une association communautaire LGBT bangladaise située à Whitechapel, dans l’est de Londres. Ces éléments ne signifient pas que l’association elle-même est tenue pour responsable des faits présumés.
Chris Foster, responsable régional des enquêtes criminelles au ministère de l’Intérieur, a indiqué que des agents chargés de l’asile avaient relevé des ressemblances entre plusieurs dossiers. Les autorités examinent désormais plus de 100 demandes et estiment que certaines pourraient avoir été acceptées à partir de preuves frauduleuses.
Des pratiques déjà signalées par la BBC
Les arrestations font suite à une enquête de la BBC publiée en avril sur des pratiques similaires attribuées à certains conseillers en immigration. Tanisa Khan aurait proposé à un journaliste infiltré un dossier comprenant notamment des photographies prises dans des lieux fréquentés par des homosexuels. Elle conteste les accusations portées contre elle.
La BBC avait également rapporté que des participants à des réunions organisées par Worcester LGBT disaient ne pas être homosexuels. L’association a depuis fermé ses portes. Son fondateur a nié avoir produit ou encouragé la fabrication de fausses preuves.
Des vérifications toujours en cours
Les autorités britanniques indiquent que certains demandeurs auraient évoqué leur homosexualité après le rejet initial de leur demande d’asile pour d’autres motifs. Dans un cas, cette orientation sexuelle aurait été mentionnée neuf ans après le dépôt du dossier. Des juges de l’immigration ont aussi mis en doute la fiabilité de certains documents attribués à Apanjon et relevé l’usage de photographies mises en scène dans une affaire.
Le ministère de l’Intérieur poursuit l’examen des dossiers tandis que les enquêteurs cherchent à déterminer l’étendue du réseau présumé et le rôle de chaque personne. La ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood, a dénoncé des pratiques qui, selon elle, nuisent aux personnes réellement persécutées et ayant besoin de protection. Les demandeurs reconnus coupables de fraude à l’asile encourent jusqu’à dix ans de prison.
Source : Toute l'actualité du Journal du dimanche (www.lejdd.fr)
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Auteur : leJDD



