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Jeunesse

À l’ère de l’IA, l’école doit transmettre des savoirs et apprendre aux jeunes à raisonner

Un exposé rédigé par une intelligence artificielle peut sembler convaincant sans être juste. Pour les élèves et les étudiants, l’enjeu n’est donc pas seulement d’apprendre à utiliser ces outils : c’est aussi de savoir quand leur faire confiance, comment vérifier leurs réponses et quelles connaissances mobiliser pour repérer leurs erreurs. Ce débat, organisé à Paris le 13 octobre 2026, oppose moins savoirs et esprit critique qu’il ne pose une question concrète : comment les transmettre ensemble ?

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Les connaissances restent le point de départ

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Jan van der Wolf · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Lors de cette rencontre consacrée à l’avenir de l’éducation, plusieurs intervenants ont défendu l’idée que l’école doit préparer à la fois aux études, au travail et à la vie en société. Leurs approches diffèrent : certains insistent sur des parcours plus personnalisés et sur la reconnaissance des compétences au-delà des diplômes ; d’autres rappellent la valeur des études longues et de l’apprentissage collectif.

Sur un point, les échanges convergent : l’intelligence artificielle peut aider à expliquer ou à réviser, mais elle ne remplace ni l’enseignant ni les connaissances nécessaires pour juger une réponse. Vérifier une source, repérer un raisonnement fragile ou comprendre pourquoi une réponse est erronée suppose déjà des repères. L’esprit critique ne consiste pas à se méfier de tout : il s’apprend aussi en confrontant des informations et en distinguant les faits de leur interprétation.

Le ministère de l’Éducation nationale place justement ces pratiques au cœur de la formation de l’esprit critique : chercher l’origine d’une affirmation, comparer des points de vue et reconnaître ce que l’on sait ou ignore. (eduscol.education.gouv.fr)

Au collège et au lycée, des usages encadrés

Pour les élèves, la question ne relève pas seulement d’un débat d’idées. Le cadre national publié en juin 2025 précise les usages pédagogiques de l’IA à l’école. À partir de la 4e, les élèves peuvent utiliser des IA génératives en classe dans un cadre limité, expliqué et accompagné par un enseignant. Au lycée, un usage plus autonome est possible lorsque l’enseignant a défini le cadre de travail. À l’école primaire, les élèves sont sensibilisés à l’IA, sans manipuler directement ces outils génératifs. Ces règles concernent les usages scolaires ; elles ne signifient pas que l’école abandonne l’apprentissage des savoirs fondamentaux. (eduscol.education.gouv.fr)

Un parcours de sensibilisation à l’IA, « Pix IA », est par ailleurs obligatoire à partir de la rentrée scolaire 2026 pour les élèves de 4e, de seconde générale et de première année de CAP. Il vise à leur donner des repères pour comprendre ces outils. Cela ne concerne donc pas automatiquement tous les collégiens et lycéens au même moment. (eduscol.education.gouv.fr)

Le diplôme ne résume pas tout un parcours

Le débat du 13 octobre a aussi porté sur la valeur des diplômes dans un monde où les métiers évoluent. Pour Francesco Rattalino, de l’ESCP, un diplôme atteste aussi d’un parcours qui développe des capacités comme la communication, la créativité ou l’aptitude à apprendre. Leïla Maidane, fondatrice d’Interskillar, invite au contraire à mieux reconnaître ce qu’une personne sait faire concrètement, au-delà de son titre. Ce sont des positions exprimées lors du débat, pas un constat établi sur les pratiques de recrutement.

Pour les jeunes en formation, cette discussion rappelle que le diplôme et les compétences ne s’excluent pas : les études apportent des connaissances et des méthodes, tandis que les expériences — stages, alternance, projets collectifs — permettent de les mettre en pratique. L’apprentissage ne s’arrête pas non plus à la sortie de l’école.

Apprendre avec l’IA, sans apprendre à sa place

Pour un devoir ou une révision, l’IA peut servir de point de départ : demander une explication différente, générer des questions d’entraînement ou comparer plusieurs formulations. Mais une réponse fluide n’est pas une preuve. Rechercher une source fiable, comparer les informations et refaire soi-même le raisonnement permet de transformer l’outil en soutien plutôt qu’en substitut au travail d’apprentissage.

La question n’est donc pas de choisir entre transmettre des savoirs et apprendre à penser. Pour les jeunes, savoirs, méthode et esprit critique se renforcent : les connaissances aident à évaluer les réponses de l’IA, et l’IA rend d’autant plus nécessaire la capacité de vérifier, d’argumenter et de continuer à apprendre.


Source : WE DEMAIN

Vérification complémentaire : ministère de l’Éducation nationale et éduscol, cadre d’usage de l’IA en éducation et ressources sur l’esprit critique.

Article original : Consulter la source originale

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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