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À la tête du FRN, Kabila cherche à peser de nouveau dans la crise en RDC

La prise de direction du Front pour la refondation de la nation (FRN) par Joseph Kabila relance la question de ses appuis, alors que l’ancien président cherche à peser de nouveau dans la crise à l’est de la République démocratique du Congo. Les soutiens extérieurs restent incertains et sa capacité à rallier des forces politiques dans le pays n’est pas acquise. Publiée le 15 octobre 2026, l’analyse de la Deutsche Welle souligne que Washington et les pays voisins observeront de près les développements. (amp.dw.com)

A lively street scene in Dakar, Senegal, with a crowd celebrating and waving flags.
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Washington, un interlocuteur que Kabila cherche à convaincre

Panoramic view of Camp Nou stadium in Barcelona, home of FC Barcelona football team, with 'Mes Que Un Club' slogan.
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Selon le politologue Christian Moleka, Joseph Kabila apparaît isolé sur le plan politique, notamment parce que l’AFC/M23 est exclu du dialogue national porté par le président Félix Tshisekedi. En prenant la tête du FRN, l’ancien chef de l’État chercherait à retrouver une place dans les discussions à venir et à se présenter comme un acteur incontournable de la crise.

Ses prises de position s’adresseraient aussi à Kigali, aux capitales de la région et à Washington. Christian Moleka relève que Kinshasa comme Joseph Kabila mettent en avant la continuité des accords conclus avec les États-Unis et l’accès américain aux ressources stratégiques. Le signal envoyé à Washington serait donc similaire, même si les deux camps défendent des intérêts politiques distincts.

Les États-Unis n’ont toutefois pas arrêté leur position, selon Joshua Walker, chercheur associé au Chatham House Africa Programme. Washington doit évaluer les conséquences politiques et sécuritaires de l’annonce, tout en étant engagé dans le processus de Doha. Les États-Unis ont également sanctionné Joseph Kabila et entretiennent un partenariat économique avec Kinshasa.

Pour Joshua Walker, l’enjeu américain ne se résumerait pas à choisir entre la RDC et le Rwanda. Washington chercherait plutôt à obtenir le respect des engagements de ses partenaires. Le chercheur estime que les États-Unis pourraient laisser ouverte la possibilité d’améliorer leurs relations avec Kigali si le Rwanda retirait ses troupes de RDC et cessait de soutenir le M23, désormais intégré au FRN.

Les pays voisins, un autre point d’observation

La réaction des États de la région pourrait compter dans l’évolution de la crise. Bram Verelst, chercheur à l’Institut d’études de sécurité (ISS), estime que l’engagement de Joseph Kabila aux côtés d’une rébellion armée pourrait inciter certains pays à s’impliquer davantage.

Les discussions de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), à Lusaka, sont présentées comme un premier test de cette dynamique. Le discours de Joseph Kabila sur le retrait des forces étrangères concerne aussi les troupes ougandaises et burundaises présentes dans l’est du pays. Bram Verelst juge donc particulièrement importante la position que prendra l’Ouganda face à la nouvelle alliance.

Le chercheur évoque également un scénario hypothétique : si la rébellion s’étendait vers le Tanganyika ou le Katanga, la Tanzanie et l’Angola pourraient être davantage impliquées. Il s’agit d’une possibilité, et non d’un développement présenté comme déjà engagé.

Sur le plan politique, la démarche de Kabila pourrait, selon les scénarios évoqués, accroître la pression sur Kinshasa et conduire à des négociations, à un partage du pouvoir ou à un changement à la tête de l’État. Sur le terrain, l’effort militaire continuerait, d’après l’analyse, à dépendre largement du soutien du Rwanda et des revenus issus de l’exploitation des ressources minières dans les zones contrôlées par le M23.

Un soutien intérieur encore incertain

Les appuis à l’étranger ne suffiraient pas à assurer l’influence de Joseph Kabila. Erik Kennes, chercheur à l’Institut Egmont, estime que l’ancien président pourrait disposer de relais au Katanga, mais que leur portée reste à démontrer. Il souligne que des responsables politiques pourraient changer de camp à mesure que la situation évolue et que les réactions observées jusqu’alors sont négatives.

Kabila devrait aussi étendre son influence au-delà de ses bastions traditionnels, notamment dans l’ouest du pays. Le poids de l’électorat kasaïen, décrit comme largement acquis à Félix Tshisekedi, demeure une autre inconnue.

Kinshasa suit l’évolution de la situation

Le Conseil supérieur de la défense s’est réuni à Kinshasa le 14 octobre 2026 pour évaluer la situation sécuritaire sur le territoire national, selon la présidence congolaise. (presidence.cd) La Deutsche Welle rapporte que les autorités prennent au sérieux la nouvelle posture de Joseph Kabila, alors que les médiations en cours peinent à s’imposer comme une issue à la crise. L’ampleur des soutiens dont le FRN pourra effectivement bénéficier reste à établir.


Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)

Article original : Consulter la source originale

Auteur : Wendy Bashi

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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