À Grasse, des plants éprouvés par la chaleur
La cueillette du jasmin se poursuit à la main, au rythme de la floraison, dans les champs de Carole Biancalana. Malgré l’irrigation au goutte-à-goutte, l’agricultrice rapporte que certains pieds commencent à se dégrader après plusieurs semaines chaudes et sèches. Son inquiétude porte donc aussi sur la capacité des plantations à résister dans la durée.
La production demande une grande quantité de fleurs : selon le reportage, environ 700 kilos de jasmin sont nécessaires pour obtenir un litre d’absolue, un extrait utilisé en parfumerie. Cette exigence rend la filière sensible aux pertes de récolte. La productrice appelle à soutenir des expérimentations pour rendre les cultures plus résilientes.
La chaleur peut aussi toucher le parfum
Dans le même reportage, Anesia Dican, parfumeuse à la Maison Galimard, explique qu’un ensoleillement trop intense peut modifier la composition moléculaire de la fleur et, par conséquent, son odeur ou sa qualité. Cette observation est rapportée par la professionnelle ; elle ne constitue pas, à elle seule, une mesure scientifique de l’évolution de toutes les fleurs cultivées à Grasse.
Une variation de la matière première pourrait compliquer le travail des parfumeurs et influer sur la disponibilité de certaines notes naturelles. Le reportage évoque aussi le risque d’un renchérissement, sans annoncer de hausse de prix déjà constatée.
Une tendance climatique à distinguer des observations locales
Les difficultés décrites dans cette exploitation ne suffisent pas à caractériser l’ensemble de la saison ou du territoire. À l’échelle régionale, Météo-France projette toutefois, d’ici à 2050, une hausse de la température moyenne annuelle de 2,2 °C en Provence-Alpes-Côte d’Azur par rapport à 1976-2005, ainsi qu’une baisse d’environ 10 % des pluies estivales. Ces projections décrivent une tendance climatique de long terme, et non une prévision pour les champs de Grasse. Météo-France détaille ces projections régionales.
À Plascassier, la récolte continue, mais les témoignages recueillis soulignent l’enjeu : préserver les plants et la qualité des fleurs dans un contexte de conditions estivales plus contraignantes.
Source : France 3 Régions Provence-Alpes-Côte d'Azur – météo
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