Réunis à Dunkerque du 14 au 16 octobre 2026, les élus intercommunaux ont placé l’anticipation au cœur de leurs échanges : comment adapter écoles, logements, services et équipements aux évolutions démographiques et climatiques ? La convention d’Intercommunalités de France a aussi été l’occasion pour l’association de renouveler sa présidence et de faire entendre ses priorités budgétaires. Mais aucune décision nationale ou locale annoncée pendant ces journées ne garantit, à elle seule, de nouveaux services ou financements aux habitants.

Un rendez-vous national, accueilli à Dunkerque

La 36e Convention d’Intercommunalités de France s’est tenue au Kursaal, à l’invitation de la Communauté urbaine de Dunkerque. Ce rassemblement réunit des élus et des cadres de communautés de communes, d’agglomération, de communautés urbaines et de métropoles. Il ne s’agissait pas d’une assemblée délibérante d’une collectivité locale : les ateliers et prises de parole alimentent les réflexions et les positions de l’association, sans se substituer aux votes des conseils communautaires.
Les sujets abordés donnent la mesure des compétences et préoccupations intercommunales : urbanisme, eau, logement, déchets, mobilités, accès aux soins, développement économique et gestion des services. Pour les habitants, les décisions concrètes sur ces sujets restent prises dans les cadres propres à chaque territoire, notamment par les conseils communautaires et les communes concernées.
Des besoins locaux qui changent avec la démographie
Un des ateliers a porté sur les transitions démographiques. Vieillissement, baisse de la natalité, décohabitation ou nouvelles habitudes résidentielles peuvent modifier les besoins en écoles, crèches, logements, soins et transports. L’enjeu présenté aux élus est de confronter les projets d’équipement aux évolutions attendues, plutôt que de planifier uniquement en fonction de la population actuelle.
Des élus ont illustré ces arbitrages à partir de leurs territoires. Dans le Frontonnais, près de Toulouse, le président de la communauté de communes a indiqué que la population augmentait depuis plusieurs décennies, mais que cette hausse concernait en bonne part les plus de 65 ans. Des équipements destinés aux jeunes enfants sont en cours d’ouverture, tandis que la collectivité réfléchit aussi aux besoins futurs des écoles. En Val’Eyrieux, en Ardèche, le président de l’intercommunalité a décrit une politique jeunesse visant notamment à faciliter le retour de jeunes après leurs études. Ces témoignages éclairent des démarches locales ; ils ne constituent pas un bilan chiffré de leurs résultats.
Planifier à long terme, sans promettre de financements
Les intervenants ont défendu le rôle de l’intercommunalité comme échelle de coordination entre communes, État et autres collectivités, notamment parce qu’elle peut travailler à celle d’un bassin de vie. Documents de planification, projet de territoire et pactes de gouvernance ou financiers ont été évoqués comme des outils pour organiser cette action. Le président délégué de l’association, Christophe Degruelle, a insisté sur la nécessité de concilier trois horizons : le budget annuel, la durée du mandat et le temps long.
Le président d’Intercommunalités de France, Boris Ravignon, a pour sa part mis en avant plusieurs sujets remontés par des élus : adaptation de l’objectif de zéro artificialisation nette, protection des captages d’eau, blocages dans la mobilisation du foncier économique, insécurité alimentaire et politiques en faveur des jeunes. Ce sont des préoccupations et des priorités de travail exprimées par l’association, pas des décisions déjà prises par le gouvernement ou l’ensemble des intercommunalités.
Budget 2027 : une démarche de représentation politique
Élu à la présidence de l’association pendant la convention, Boris Ravignon a placé parmi ses priorités l’obtention d’un projet de loi de finances 2027 qu’il juge « soutenable et juste » pour les collectivités. Intercommunalités de France avait adopté une déclaration commune avec d’autres associations d’élus et entendait porter ses propositions auprès des sénateurs. Le président a également appelé les conseils communautaires à adopter des motions et les élus à contacter leurs parlementaires.
Autre échéance annoncée : l’association prévoit de préparer, d’ici à la fin de 2026, un manifeste destiné à peser dans le débat présidentiel. À ce stade, ni le contenu final de ce texte ni les suites données aux demandes budgétaires ne sont établis. La convention n’a annoncé aucun montant de financement ou de dépense pour les intercommunalités. Pour les habitants, son effet immédiat est donc surtout politique : les élus cherchent à influencer les prochains arbitrages nationaux et à mieux anticiper les besoins de leurs territoires.
Source principale : Actualités Localtis – Groupe Caisse des Dépôts – Organisation territoriale, élus et institutions (www.banquedesterritoires.fr)
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Auteur : Claire Mallet







