À Dunkerque, les élus intercommunaux ont consacré leur convention annuelle à une question concrète : comment préparer les services et les équipements locaux aux changements démographiques, climatiques et économiques ? Réunis les 15 et 16 octobre 2026, ils ont plaidé pour que les intercommunalités planifient à long terme. Aucun nouveau dispositif ni financement n’a toutefois été annoncé : les exemples présentés éclairent des choix locaux, sans constituer des décisions applicables partout.

Planifier au-delà du mandat

La 36e Convention d’Intercommunalités de France s’est tenue à Dunkerque au moment où commence un nouveau mandat intercommunal. Selon l’association, 40 % des élus concernés effectuent leur premier mandat. Urbanisme, eau, logement, santé, déchets, développement économique et finances figuraient parmi les sujets des ateliers.
À la clôture, Boris Ravignon, élu président de l’association le 14 octobre, a défendu une planification qui articule trois horizons : le budget annuel, la durée du mandat et le long terme. Il s’exprimait au nom d’une organisation représentant les intercommunalités ; ses propositions ne valent pas, à elles seules, décisions des conseils communautaires.
L’enjeu est de relier les documents d’urbanisme et les stratégies locales aux évolutions attendues : où faudra-t-il des logements, des écoles ou des services de santé ? Quels équipements risquent de devenir moins adaptés ? Les réponses dépendent de chaque territoire et ne sont pas fixées par la convention.
Des besoins qui évoluent avec la population
Les échanges ont notamment porté sur le vieillissement, la baisse de la natalité, les nouvelles formes de vie familiale et les déménagements entre plusieurs lieux de résidence. Ces évolutions peuvent modifier les besoins en petite enfance, en établissements pour personnes âgées, en mobilité, en logement et en soins. Elles peuvent aussi fragiliser l’équilibre de certains équipements : une école construite pour répondre à la demande actuelle pourrait, par exemple, être moins utilisée si le nombre d’enfants diminue ensuite.
Dans le Frontonnais, près de Toulouse, le président de la communauté de communes, Hugo Cavagnac, a décrit une population en hausse depuis trente ans, mais avec une part importante de nouveaux habitants âgés de plus de 65 ans. Le territoire ouvre une crèche, un relais d’assistantes maternelles et une école maternelle pour répondre aux besoins présents, tout en étudiant l’évolution future de ses établissements scolaires. Une éventuelle organisation en regroupement pédagogique intercommunal est évoquée comme une perspective, pas comme une décision annoncée.
En Val’Eyrieux, en Ardèche, la communauté de communes a engagé une politique en faveur des jeunes après avoir constaté une baisse de population. Son président, Jacques Chabal, a également présenté un diagnostic territorial en préparation, avec une enquête invitant les habitants à imaginer leur territoire en 2040. L’association rapporte que le « parcours jeunes » mis en place avec plusieurs partenaires semble porter ses fruits, sans fournir de bilan chiffré permettant d’en mesurer les résultats.
Des alertes nationales, pas encore des mesures locales
La convention a aussi servi à faire remonter des préoccupations : adaptation du dispositif « zéro artificialisation nette » (ZAN), pollution de captages d’eau, difficultés administratives pour le foncier économique ou insécurité alimentaire. Intercommunalités de France entend porter ces sujets auprès des pouvoirs publics. Ils ne débouchent pas, dans les informations présentées, sur de nouvelles règles ou des chantiers déjà décidés.
Autre dossier immédiat pour l’association : le projet de loi de finances pour 2027. Boris Ravignon a demandé un budget qu’il juge « soutenable et juste » et annoncé vouloir défendre des propositions auprès des parlementaires, notamment au Sénat. Il a également appelé les conseils communautaires à adopter des motions et les élus à contacter leurs parlementaires. Il s’agit d’une démarche de plaidoyer ; aucun montant de contribution ni effet budgétaire local précis n’est détaillé dans le compte rendu.
Ce que les habitants peuvent en retenir
Pour les habitants, l’intérêt de ces travaux se jouera dans les choix ultérieurs de chaque intercommunalité : programmation des équipements, organisation des services et décisions d’urbanisme. La convention ne fixe ni calendrier de réalisation, ni budget, ni changement immédiat d’un service public. Les projets de territoire et les diagnostics locaux seront donc les documents à suivre pour savoir si ces orientations se traduisent concrètement près de chez soi.
Intercommunalités de France prévoit d’adopter un manifeste d’ici la fin de 2026 afin de peser dans le débat présidentiel. Sa 37e convention est annoncée à Angers du 6 au 8 octobre 2027.
Source principale : Actualités Localtis – Groupe Caisse des Dépôts – Cohésion des territoires (www.banquedesterritoires.fr)
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Auteur : Claire Mallet, Localtis







