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À Bunia, la riposte contre Ebola tente de rétablir la confiance et l’accès aux soins

À Bunia, dans l’est de la République démocratique du Congo, la riposte contre Ebola s’appuie aussi sur les habitants, les maternités et des crèches installées près des centres de traitement. Les centres de soins ne sont plus saturés, mais la peur de la maladie continue d’éloigner des patients et de fragiliser les services de santé. […]

À RETENIR

L’essentiel en quelques secondes

  • À Bunia, dans l’est de la République démocratique du Congo, la riposte contre Ebola s’appuie aussi sur les habitants, les maternités et des crèches installées près des centres de traitement.
  • Les centres de soins ne sont plus saturés, mais la peur de la maladie continue d’éloigner des patients et de fragiliser les services de santé.
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Rétablir la confiance, quartier par quartier

Dans la zone de santé de Shari, à Rwampara, les relais communautaires multiplient les visites à domicile, les séances d’information et les échanges avec les familles. Leur rôle est aussi de repérer les alertes et d’orienter les personnes vers les structures sanitaires.

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Emmanuel Birunga, relais communautaire depuis huit ans, explique que ses activités ont changé avec l’épidémie. Au début, raconte-t-il, certains habitants attribuaient les symptômes au paludisme ou à un empoisonnement et se tournaient vers des tradipraticiens. La multiplication des décès a progressivement convaincu une partie de la population de la gravité de la maladie.

Les centres de santé recommencent à accueillir des patients et la confiance semble revenir, mais elle reste fragile. Cynthia Stepanisos, qui accompagne les relais au sein du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), souligne l’importance de transmettre des informations fiables et de faire participer les communautés. La lutte contre les fausses informations demeure ainsi un volet essentiel de la riposte.

La maternité touchée par la peur d’Ebola

À la maternité de Rwampara, aucun cas d’Ebola n’a été signalé. Pourtant, les consultations et les accouchements ont été perturbés. Au début de l’épidémie, le manque d’équipements de protection inquiétait les soignants comme les patientes. Les accouchements dans la structure ont diminué de moitié.

Des équipes ont alors mené des actions de porte-à-porte pour encourager les femmes à revenir consulter. Les besoins concernés ne se limitent pas aux accouchements : les consultations prénatales, la planification familiale et la prise en charge des survivantes de violences sexuelles ont également connu une baisse de fréquentation.

Les femmes sont aussi davantage exposées au risque d’infection, selon Esther Mosseka, sage-femme de l’UNFPA, en raison de leur présence auprès des malades et lors des funérailles. Le docteur Paulin, chargé de la santé sexuelle et reproductive à l’agence, rapporte une hausse de la mortalité maternelle à Bunia : d’environ trois décès par semaine avant l’épidémie, elle serait passée à près de cinq. Il associe cette évolution au recul du recours aux soins.

Des crèches pour les enfants de patients hospitalisés

Au centre médical évangélique de Bunia, l’UNICEF a installé une crèche à proximité du centre de traitement Ebola. Des berceuses y accueillent les enfants dont les parents sont hospitalisés. Certains, testés négatifs, restent surveillés en raison d’une possible exposition au virus. Le personnel médical suit notamment leur température et les oriente vers le centre de traitement si des symptômes apparaissent.

La structure a accueilli jusqu’à dix enfants. Lors de la visite de l’envoyée spéciale, un seul bébé y était présent. Selon l’UNICEF, cité dans le reportage, près de 2 000 enfants ont perdu leurs parents au cours de l’épidémie. L’organisation a déployé douze crèches reliées aux centres de traitement et souhaite que ce type de dispositif soit repris lors de futures flambées.

Neema, médecin en formation et survivante d’Ebola, s’occupe de ces enfants. Sarah, une autre survivante, travaille elle aussi dans une crèche après avoir perdu plusieurs membres de sa famille, dont son mari. Enceinte de sept mois lorsqu’elle est tombée malade, elle a accouché d’une fille en bonne santé pendant sa prise en charge. À son retour, elle a découvert que sa maison avait été vidée et s’est retrouvée seule avec ses cinq enfants. Son emploi à la crèche lui permet aujourd’hui de tenter de reconstruire sa vie.

Des progrès encore fragiles

À Bunia, les centres de traitement ne sont plus surchargés, mais le virus continue de circuler et de faire des victimes. La situation reste également préoccupante dans la région de Beni-Butembo, au Nord-Kivu, où la présence du groupe armé ADF complique le déploiement des équipes, selon le reportage.

La riposte se joue donc autant dans les communautés et les services de santé que dans les centres spécialisés. Le rétablissement de la confiance, la continuité des soins pour les femmes et les enfants et l’accompagnement des survivants restent des enjeux majeurs, alors que les Nations unies signalent aussi le sous-financement de la réponse humanitaire.


Source : RFI – Actualités, info, news en direct – Radio France Internationale (www.rfi.fr)

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Auteur : Paulina Zidi

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