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À Bourges, 2 400 manifestants se mobilisent, mais les « gilets jaunes » restent minoritaires

À Bourges, la mobilisation du 17 octobre a démarré dans le calme, avant de rassembler plusieurs centaines de personnes sur la place Seraucourt. La ville, marquée par le rassemblement de plus de 6 000 « gilets jaunes » en janvier 2019, a renoué avec les manifestations autour du pouvoir d’achat, mais dans un cortège où les revendications étaient plus diverses. Selon le speaker de la CGT, 2 400 personnes ont participé à la journée.

Un rassemblement qui a tardé à prendre

En matinée, rien ne laissait présager une forte mobilisation. Les commerces étaient ouverts et aucun rond-point n’était occupé. À la mi-journée, la place Seraucourt, choisie comme point de rendez-vous, restait presque vide, alors que les appels à manifester étaient peu nombreux et les horaires parfois divergents.

La place s’est finalement remplie de plusieurs centaines de personnes. La mobilisation a ravivé le souvenir du 12 janvier 2019, lorsque Bourges avait accueilli plus de 6 000 manifestants lors de l’acte IX des « gilets jaunes ». La ville avait alors constitué, selon le récit de la journée, le deuxième foyer du mouvement après Paris, avec 8 % des manifestants recensés en France.

Pour Bruno, 43 ans, déjà présent lors des premières mobilisations, le retour à Bourges allait de soi. Il rapproche la colère actuelle de celle des débuts, en évoquant la hausse du prix du carburant. Catherine, qui avait participé au mouvement en 2019, est cette fois restée à l’écart. Elle explique avoir renoncé par peur de la police et lassitude face aux luttes qu’elle estime vaines.

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Photo : diocrio · BY-SA 2.0 · via flickr · Vérifier la licence et la source

Des revendications plus larges

Le pouvoir d’achat et le coût de l’essence n’étaient pas les seuls sujets portés dans le cortège. Bruno a également cité le mouvement lycéen, estimant que les adultes ne devaient pas laisser les jeunes protester seuls. Cécile, qui n’avait pas participé aux mobilisations de 2018-2019, a enfilé un gilet jaune pour la première fois.

Cette diversité a aussi suscité des réserves. Benoît, ouvrier de 52 ans, regrette que les slogans sur l’antifascisme et la Palestine prennent, à ses yeux, davantage de place que ceux sur le carburant. Il craint que l’élargissement des thèmes ne rende moins lisible la revendication initiale autour du pouvoir d’achat.

Louis, 42 ans et présent dès les débuts des « gilets jaunes », s’est lui aussi inquiété de la place des drapeaux de La France insoumise et des syndicats. La manifestation du 17 octobre était coorganisée par la CGT. Il regrette que le mouvement lui paraisse moins directement porté par les citoyens qu’à ses débuts.

D’autres manifestants ont au contraire défendu la convergence des causes. Salomé et Nicolas, venus avec leur chien, étaient notamment mobilisés pour les services publics et les moyens accordés à la santé. Le cortège réunissait ainsi des participants attachés à des priorités différentes, au-delà de la seule question des carburants.

Un retour symbolique, sans retrouver l’ampleur de 2019

Après avoir traversé la ville, les manifestants sont revenus bloquer symboliquement le rond-point de la place Seraucourt. La mobilisation est restée inférieure au pic de janvier 2019 : le chiffre annoncé par la CGT représente un peu plus du tiers des 6 000 personnes rassemblées à l’époque.

Les « gilets jaunes » étaient minoritaires dans le cortège et peu d’automobilistes ont manifesté leur soutien, selon le reportage. Malgré ces signes d’un mouvement différent et moins massif, Louis a reconnu que cette mobilisation imparfaite valait mieux, à ses yeux, qu’une absence de rassemblement.


Source : 20Minutes – Une (www.20minutes.fr)

Article original : Consulter la source originale

Auteur : Jean-Loup Delmas

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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