À Bletterans, au cœur du Jura vivent sous le même toit Olivier Carzon et Elisabeth Monnot. Deux auteurs de romans, fous amoureux l’un de l’autre et épris d’une passion commune pour les histoires qui font rêver. Découverte de leurs univers !
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« C’est un homme qui arrive au bout de sa vie et qui se rend compte qu’il s’est peut-être planté toute sa vie. Mais ça ne va pas se finir en toute tranquillité. Ça va cartonner ! », lance Olivier alias Oliver Carzon. Le romancier raconte à son épouse Elisabeth, romancière elle aussi, le résumé de son prochain livre, le temps d’une pause café que le couple s’autorise entre deux sessions d’écriture. Dans quelques instants, chacun va regagner son espace de création, au sein de la même maison mais dans une pièce différente, pour reprendre le cours de son travail.
Assise à son bureau au rez-de-chaussée, Elisabeth Monnot pianote machinalement sur son clavier d’ordinateur. Dans sa tête les idées fusent. Elles sont le fruit d’une imagination débordante et d’une passion pour l’écriture qui remonte à l’enfance. « J’ai toujours écrit. En 6e, j’ai eu un poème qui a été lu en classe. J’étais très timide mais ça m’avait touchée », s’émeut-elle.
Elisabeth Monnot a écrit une dizaine de romans
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© FTV/Valentin Boulay
La romancière jurassienne compte une dizaine d’ouvrages à son actif. Le premier, Les promesses des semailles, sorti en 2001 contait la vie d’un paysan qui rentrait de la guerre. « Je me suis basée sur ce que j’entendais. J’écoutais beaucoup mes grands-parents raconter leur vie d’antan. En grandissant, je me suis rendu compte que c’était passionnant, donc il fallait le transmettre. » Avec une écriture simple et une histoire se déroulant dans le Jura, Elisabeth a su trouver le succès. Son livre s’est ainsi vendu à 1000 exemplaires en un an. « Pour moi s’était miraculeux », se souvient-elle.
À l’étage, Oliver Carzon, est plongé dans son 58e roman. « Je le sens dans le bout des doigts. Il faut que ça sorte ! » Chaque jour, il peut rédiger jusqu’à une vingtaine de pages. Il a vendu 13 000 ouvrages au cours de sa carrière. Lui aussi est tombé dans l’univers de l’écriture dès l’enfance. Ce passionné d’histoire aime s’inspirer de faits réels dans ses ouvrages. Dans L’apprenti sorcier, il relate ainsi un épisode de la « guerre éclaire » menée par l’armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale.
Oliver Carzon a vendu 13 000 romans.
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© FTV/Valentin Boulay
Comme son épouse, les intrigues de ses romans se déroulent toutes dans la région, parfois même dans la commune où le couple habite, à Bletterans. Un ancrage local qui lui tient à cœur. « Il faut que les gens puissent s’identifier. Pour l’anecdote, j’ai créé une histoire dans un monastère et un jour, un homme m’a dit : « Je n’ai pas trouvé le monastère. J’ai passé mon dimanche à le chercher avec mon épouse ». En fait c’était une fiction. », s’amuse-t-il.
Les deux romanciers se sont rencontrés sur les réseaux sociaux. Puis l’amour est né, notamment grâce à leur passion commune. « Le fait d’écrire nous a beaucoup rapprochés. J’ai trouvé qu’il écrivait de façon simple, vivante et ça m’a plu. Et lui s’est dit « enfin une personne qui sait écrire ! » », se remémore Elisabeth.
Bientôt, les époux transmettront les manuscrits de leurs prochains romans à leur maison d’édition en espérant faire rêver le public franc-comtois et bien au-delà.
Un reportage de Norbert Evangelista et Valentin Boulay
À Bletterans, l’amour et l’écriture : un couple en quête de succès
À Bletterans, un couple d’écrivains, Olivier Carzon et Elisabeth Monnot, jongle entre passion littéraire et rêves d’édition, tout en s’interrogeant sur le sens de leur œuvre.
INTRODUCTION
Dans un monde où l’écriture est souvent perçue comme un acte solitaire, Olivier et Elisabeth, deux romanciers jurassiens, nous rappellent que l’amour peut également être une muse. Mais derrière cette belle histoire d’amour se cache une réalité plus complexe, où la quête de succès littéraire se heurte à des attentes parfois démesurées.
Ce qui se passe réellement
Olivier, alias Oliver Carzon, se lance dans son 58e roman, tandis qu’Elisabeth, avec une dizaine d’ouvrages à son actif, se remémore ses débuts littéraires. Leur passion commune pour l’écriture les a rapprochés, mais la réalité du marché littéraire reste un défi. Olivier déclare : « Je le sens dans le bout des doigts. Il faut que ça sorte ! » Une phrase qui résonne comme un cri de désespoir face à un monde littéraire saturé.
Pourquoi cela dérange
Leurs œuvres, ancrées dans le Jura, semblent parfois être des échos d’une réalité que peu de lecteurs souhaitent affronter. Elisabeth évoque son premier livre, Les promesses des semailles, comme un succès miraculeux. Mais à quel prix ? La pression de la vente et l’attente de reconnaissance peuvent transformer la passion en une course effrénée, où l’art devient un produit à consommer.
Ce que cela implique concrètement
Le couple, bien que soudé par leur amour et leur passion, doit naviguer dans un univers où les chiffres priment souvent sur la qualité. Les 13 000 ouvrages vendus par Olivier sont une réussite, mais cela soulève la question : combien de ces livres ont véritablement touché les lecteurs ? Dans un monde où les best-sellers sont souvent des produits de marketing, la valeur de l’écriture authentique est mise à mal.
Lecture satirique
Il est ironique de constater que, dans un pays où la littérature est célébrée, les écrivains doivent se battre pour exister. Les promesses de succès et de reconnaissance se heurtent à la réalité d’un marché où l’originalité est souvent sacrifiée sur l’autel de la rentabilité. « J’ai trouvé qu’il écrivait de façon simple, vivante et ça m’a plu. Et lui s’est dit « enfin une personne qui sait écrire ! » » s’exclame Elisabeth. Une belle déclaration d’amour, mais aussi une critique acerbe de la banalité qui règne dans le monde littéraire.
Effet miroir international
À l’échelle internationale, cette quête de succès littéraire n’est pas unique. Des auteurs aux États-Unis aux écrivains en Russie, la pression du marché et les attentes des lecteurs créent un environnement où l’authenticité est souvent mise de côté. Les dérives autoritaires et les politiques ultraconservatrices ne font qu’accentuer cette tendance, où la voix des écrivains est parfois étouffée.
À quoi s’attendre
Alors que le couple s’apprête à transmettre leurs manuscrits à leur maison d’édition, une question demeure : leurs histoires parviendront-elles à toucher le cœur des lecteurs ? Dans un monde où l’écriture est souvent perçue comme un produit, il est essentiel de rappeler que derrière chaque livre se cache une voix, une histoire, une passion.
Sources
Source : france3-regions.franceinfo.fr

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