Invité de Quotidien le lundi 2 novembre, le grand reporter de BFMTV Igor Sahiri a décrit les difficultés rencontrées par les équipes sur le terrain : insultes, défiance et gestes violents. Il estime que les journalistes subissent les répercussions de certaines prises de parole à l’antenne, tout en reconnaissant que des critiques adressées à la chaîne peuvent être fondées. Son témoignage intervient alors que plus de 160 techniciens ont, eux aussi, fait part de leurs inquiétudes à la direction.

Des équipes de reportage prises à partie

Sur le plateau de Yann Barthès, Igor Sahiri a expliqué que les journalistes de BFMTV ne sont plus toujours identifiables lorsqu’ils travaillent sur le terrain. Selon lui, certains sont accompagnés par des agents de sécurité, beaucoup sont anonymisés à l’antenne et les équipes ne montrent plus systématiquement le micro frappé du logo de la chaîne.
Le reporter situe les débuts de ce climat de défiance à la période des « gilets jaunes », voire avant. Il affirme toutefois que cette hostilité est devenue particulièrement visible depuis le 17 octobre. BFMTV, estime-t-il, est perçue par une partie du public comme un symbole des problèmes de société, pour des raisons qu’il juge parfois injustes.
Pour illustrer son propos, il a évoqué des journalistes envoyées couvrir une marche blanche à Trappes et exfiltrées après avoir été malmenées par des participants. Un agent chargé de leur sécurité aurait également été victime d’une balayette. Sahiri a dit craindre qu’une situation de ce type ne dégénère, alors qu’il resterait, selon lui, six mois de campagne présidentielle.
Un malaise lié aussi aux débats en plateau
Le grand reporter relie en partie les réactions hostiles envers les équipes de terrain à la perception des émissions de la chaîne. Il dit avoir l’impression que certains téléspectateurs associent BFMTV à des invités du Rassemblement national dont les propos ne seraient pas toujours suffisamment repris. Il entend ces critiques, mais conteste l’idée que la chaîne banaliserait la parole raciste et affirme que le travail est, de façon générale, correctement effectué.
Interrogé sur l’arrivée de Sonia Mabrouk à BFMTV, à la fin du mois d’août, Sahiri a estimé que la présentatrice « cristallise la haine à l’extérieur » de la chaîne. Il a également indiqué que des journalistes se demandaient en interne si son recrutement était une bonne décision. Selon lui, Mabrouk participe aux discussions autour du malaise. La présentatrice, de son côté, soutient que ses plateaux sont équilibrés ; Sahiri distingue cette appréciation du ressenti exprimé par certains salariés.
Une lettre de plus de 160 techniciens
Le témoignage du reporter est intervenu le jour où plus de 160 techniciens de la chaîne ont adressé un courrier à la direction. Les signataires y font état de leur inquiétude face à ce qu’ils décrivent comme une évolution idéologique des opinions diffusées à l’antenne. Ils critiquent notamment des propos d’invités, de chroniqueurs et d’éditorialistes qu’ils jugent insuffisamment encadrés ou contredits.
Le courrier exprime la position de ses signataires ; le témoignage d’Igor Sahiri, lui, rend compte des difficultés qu’il dit observer sur le terrain et des débats au sein de la rédaction. Les deux prises de parole font apparaître des préoccupations distinctes, mais liées dans le débat interne à BFMTV : la ligne éditoriale de la chaîne et la sécurité de ses équipes lors des reportages.
Source : Le HuffPost : actualités et infos décalées en continu, en France et dans le monde (www.huffingtonpost.fr)
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Auteur : Maxime Birken







