Le procès du triple assassinat de Réda Khaldi, Nassim Loubani et Brahim Chabane s’est ouvert lundi 19 octobre 2026 devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, à Aix-en-Provence. Cinq hommes, détenus, sont jugés pour leur participation présumée aux meurtres, commis entre décembre 2020 et janvier 2021 sur fond de narcotrafic. Amine Kessaci, frère de Brahim Chabane et partie civile, a déclaré attendre « la justice » après « six années de combat ».

Une audience sous haute sécurité

Les abords du palais Monclar étaient fortement sécurisés pour l’ouverture des débats. Les forces de l’ordre entouraient le bâtiment et la place était presque entièrement bouclée, selon le récit de l’audience.
Dans la salle, Amine Kessaci a pris place aux côtés des proches des victimes. L’avocat de l’élu marseillais et de sa mère, Me Pierre-Olivier Sur, a évoqué leur émotion et leur attente de connaître la vérité. Le père de Réda Khaldi, Slimane, est mort avant la tenue du procès, a indiqué son avocate.
Les trois hommes ont été tués à quelques jours d’intervalle. Réda Khaldi et Brahim Chabane ont été retrouvés morts dans une Audi de location incendiée, à l’aube du 29 décembre 2020. Le 6 janvier 2021, le corps de Nassim Loubani, démembré, a été découvert dans une Renault Clio volée également incendiée.
Cinq accusés contestent les faits
Nadjim Ahamada Mbae, Ahmed Zakaria Bensaci, Malik Kariba, Karim Harrat — surnommé « Le Rant » — et Amine Oualane, dit « Mamine », comparaissent détenus. Ils sont soupçonnés d’avoir commandité ou participé aux trois meurtres avec préméditation. Les accusations restent à examiner par la cour.
Selon le scénario retenu par les enquêteurs, Karim Harrat aurait organisé les exécutions depuis Dubaï pour préserver des équilibres dans les réseaux marseillais et freiner les ambitions des victimes. Il aurait mobilisé une équipe locale menée par Amine Oualane, qui était alors en cavale. Les victimes étaient impliquées dans le narcotrafic et, selon leurs proches, se savaient menacées.
Les enquêteurs s’appuient notamment sur des écoutes, des données téléphoniques, l’exploitation de la messagerie cryptée Sky ECC et des traces ADN. Certaines auraient été retrouvées sur le premier lieu de crime, à Châteauneuf-les-Martigues, ainsi que dans une Mercedes découverte abandonnée. Ces éléments doivent être débattus au cours du procès.
Les cinq accusés contestent les faits qui leur sont reprochés. Malik Kariba ne reconnaît que le vol de la voiture dans laquelle le corps de Nassim Loubani a été retrouvé. Amine Oualane a nié avoir participé aux meurtres et présenté ses condoléances aux proches. Karim Harrat a, lui aussi, exprimé sa compassion, affirmant vouloir « la vérité pour eux et pour moi ».
La première journée devait également être consacrée à l’examen des parcours des accusés, marqués par plusieurs incarcérations. Les débats doivent permettre à la cour d’examiner les éléments de l’enquête et les responsabilités de chacun.
Source : 20Minutes – Une (www.20minutes.fr)
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Auteur : Mathilde Durand






