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Le pilier de la vie, c’est la Nature : le laboratoire d’Aoa Polynesian Forests
De jeunes pousses de fougères et de mārā, destinées à repeupler la vallée de Mo’aroa, sont actuellement cultivées à l’abri des nuisibles, dans un environnement contrôlé, grâce à des techniques de culture in vitro. « À partir des spores de fougères, nous allons régénérer des fougères entières et les multiplier en grand nombre. La spore va germer, créant un petit organisme de deux millimètres, sur lequel vont se former des cellules sexuelles et la fécondation », explique Élodie Cinquin, directrice scientifique d’Aoa Polynesian Forests.
Les premiers résultats sont encourageants. « Le mārā est une espèce indigène difficile à faire germer en conditions classiques. Les premiers résultats sont très prometteurs. Pour chaque espèce, nous adaptons le protocole, un jeu hormonal et un milieu nutritif particulier », précise-t-elle. Pour asr leur croissance, les vitro-plants sont nourris en sucre et en éléments minéraux, et des hormones végétales favorisent leur développement.
Ce laboratoire, installé dans un conteneur de 40 pieds, représente un investissement de 20 millions Fcfp, cofinancé par des partenaires privés, l’État et le Pays. « Cela nous a paru très important, car nous sommes dans les vallées pour permettre la production hydroélectrique, et nous sommes sensibilisés à l’aspect développement durable. C’était dans notre vocation de participer à cette initiative pour préserver ce patrimoine », indique Hervé Dubost-Martin, directeur de l’entreprise TEP et partenaire financier.
Derrière ces manipulations en laboratoire, lancées l’an dernier, l’objectif est clair : réintroduire des espèces végétales indigènes dans les forêts. Les plantes invasives étouffent progressivement les espèces endémiques. Pour Christophe Balzan, restaurer les forêts est une priorité. « La base de l’économie est fondée sur la base écosystémique que peut nous rendre la Nature : la fourniture de matières premières, la qualité de l’air, la qualité de l’eau. Si nous dégradons cette Nature, l’ensemble de la pyramide va s’effondrer », expose-t-il.
Actuellement, 118 espèces endémiques de plantes de Polynésie française sont en grave danger d’extinction.
Source : La1ere.franceinfo.fr