Facturation électronique : une plateforme piratée au lancement de la réforme en France.
Facturation électronique : une plateforme piratée dès le lancement de la réforme
À peine lancée, la facturation électronique en France est déjà confrontée à un incident de sécurité majeur. Depuis le 1er septembre, toutes les entreprises assujetties à la TVA, y compris les micro-entreprises et les auto-entrepreneurs, doivent être en me de recevoir des factures électroniques. Cette réforme vise à faciliter le suivi des transactions par l’administration fiscale et à lutter contre la fraude à la TVA.
Cependant, ce lancement intervient dans un contexte préoccupant. Au cours des derniers mois, plusieurs fuites de données ont touché des organismes publics, notamment la DGFiP et l’Éducation nationale, suscitant des inquiétudes quant à la sécurité des informations des contribuables. Des élus ont même suggéré de retarder la mise en œuvre de cette réforme en raison des risques de nouvelles fuites.
Le gouvernement avait tenté de rasr en affirmant que les plateformes agréées respectaient des normes de sécurité strictes. Pourtant, le jour même de l’entrée en vigueur de la facturation électronique, la plateforme Welyb, utilisée par les cabinets comptables pour centraliser les documents de leurs clients, a été victime d’un piratage.
Le 1er septembre, Welyb a signalé un accès non autorisé à son Portail AGIRIS CONNECT, une interface utilisée par les comptables. Bien que cette plateforme ne soit pas agréée au sens strict, son outil « Cockpit Factures » permet de regrouper les factures provenant de diverses plateformes agréées. Les cybercriminels ont réussi à accéder à des informations sensibles, telles que des noms, adresses, numéros de téléphone et adresses e-mail, ainsi que des mots de passe hachés.
L’entreprise a rapidement sécurisé le système et notifié la CNIL, mais la nature des données compromises soulève des inquiétudes, notamment en matière de phishing ciblé. Benoit Grunemwald, expert en cybersécurité, souligne que les informations dérobées pourraient être utilisées pour des fraudes sophistiquées.
Les entreprises concernées doivent faire preuve de vigilance face à des demandes inhabituelles, notamment en ce qui concerne les paiements ou les changements de RIB. Il est recommandé de contacter directement son cabinet comptable en utilisant des coordonnées connues.
Cette fuite de données, survenant au moment du lancement d’une réforme stratégique, pourrait alimenter la méfiance envers la facturation électronique, même si rien n’indique à ce stade une compromission des factures ou des données bancaires.
Au-delà de cet incident, la question de la concentration des données se pose. Bien que cette centralisation vise à simplifier la gestion administrative, elle crée également des cibles attrayantes pour les cybercriminels. À partir de 2027, les données transmises seront encore plus détaillées, augmentant ainsi les risques associés.
Source : FrenchBreaches
