Le chasseur de manuscrits perdus | CNRS Le journal

Qu’ont en commun un catalogue d’étoiles, un traité sur Platon et un autre de Ptolémée sur un instrument astronomique ? Tous ces manuscrits antiques, que l’on croyait perdus, ont été retrouvés grâce à des technologies avancées par le chercheur du CNRS, Victor Gysembergh.

Victor Gysembergh, philologue au Centre Léon Robin de recherche sur la pensée antique, a récemment réalisé plusieurs découvertes majeures. Parmi celles-ci, le catalogue d’étoiles de l’astronome Hipparque de Nicée, le plus ancien exemplaire d’un traité sur l’œuvre de Platon, ainsi qu’un traité de Ptolémée sur un instrument astronomique appelé « météoroscope ». La dernière découverte en date est une page du palimpseste d’Archimède, longtemps considérée comme perdue.

Pour effectuer ces recherches, Gysembergh utilise l’imagerie multispectrale, une technique permettant de révéler des écrits enfouis sous des textes ultérieurs. Son travail se déroule dans des bibliothèques historiques, des monastères et des fonds d’archives.

Âgé de 38 ans, Gysembergh a un parcours académique impressionnant, ayant obtenu une licence, une agrégation, et deux masters, en lettres classiques et en assyriologie, avant de se lancer dans une thèse sur Eudoxe de Cnide. Ce dernier, astronome du IVe siècle, a perdu tous ses écrits originaux, ce qui rend la recherche de ses contributions d’autant plus précieuse.

En 2015, après avoir obtenu son doctorat, il a réussi à intégrer le CNRS après plusieurs tentatives. Peu après son recrutement, il a été informé d’un palimpseste de Ptolémée conservé à Milan, contenant douze pages mystérieuses qui pourraient constituer l’épilogue de son traité sur les cadrans solaires.

Gysembergh a ensuite monté un projet d’imagerie multispectrale en collaboration avec des experts, ce qui l’a amené à découvrir le traité de Ptolémée sur le météoroscope. En 2022, il a également retrouvé l’introduction à la pratique de la philosophie de Platon dans un palimpseste d’une bibliothèque de Vérone.

L’année 2022 a été particulièrement fructueuse pour lui, avec des découvertes marquantes, dont le catalogue d’étoiles d’Hipparque, considéré comme le plus ancien connu, et des fragments de textes mythologiques sur les astres.

À travers ses recherches, Gysembergh espère mettre au jour davantage de textes perdus, notamment des œuvres littéraires grecques. Son dernier projet, PALAI, se concentre sur l’étude des palimpsestes en Italie du Nord, entre les Ve et Xe siècles, et vise à explorer des bibliothèques historiques, y compris celle du Vatican.

Les travaux de Victor Gysembergh illustrent l’importance de la technologie moderne dans la redécouverte des savoirs antiques, et son engagement dans ce domaine continue d’inspirer la communauté scientifique.

Source : CNRS Le journal

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