Réchauffement climatique et catastrophe dans l’Himalaya : analyse des conséquences environnementales.
Catastrophe dans l’Himalaya : le réchauffement climatique a-t-il aggravé le désastre ?
Une nouvelle analyse du World Weather Attribution, publiée le jeudi 17 septembre, éclaire la catastrophe survenue le 26 août dans l’Himalaya, au nord du Népal. L’effondrement d’une paroi rocheuse et d’une partie d’un glacier a déclenché une avalanche suivie d’une crue dévastatrice. Plus de 1 300 personnes ont été tuées et plus de 5 000 étaient toujours portées disparues au 14 septembre. Les chercheurs soulignent que le réchauffement rapide de l’Himalaya a contribué à fragiliser ces hautes montagnes.
Que s’est-il passé dans l’Himalaya le 26 août 2026 ?
La catastrophe a débuté au Langtang Lirung, près de la frontière entre le Népal et la Chine. Environ 2 km² de roches et de glace se sont détachés à 5 150 mètres d’altitude, chutant de près de 1 400 mètres. L’avalanche s’est transformée en une gigantesque coulée de débris, puis en crue éclair, parcourant les 22 km jusqu’à Rasuwagadhi en seulement sept minutes, avec une vitesse moyenne estimée à 188 km/h. L’énergie libérée par l’effondrement était comparable à celle d’un séisme de magnitude 5,5.
Quel rôle le changement climatique a-t-il joué ?
Les scientifiques restent prudents : ils ne concluent pas que le changement climatique a provoqué cet effondrement à lui seul. La géologie locale et les séquelles du puissant séisme népalais de 2015 ont également pu fragiliser la montagne. Néanmoins, le réchauffement constitue un facteur supplémentaire de déstabilisation. La hausse des températures entraîne la fonte des glaciers et du pergélisol, cette glace présente dans les fiss des roches qui aide à maintenir la montagne en place. En disparaissant, ce « ciment » naturel fragilise les parois, et l’eau de fonte peut s’infiltrer dans les fractures, augmentant leur instabilité.
À quelle vitesse l’Himalaya se réchauffe-t-il ?
L’étude indique que les températures de juillet et août autour de la zone de l’effondrement sont aujourd’hui environ 1,5°C plus élevées en raison du réchauffement d’origine humaine qu’elles ne l’auraient été dans un climat préindustriel. À l’échelle annuelle, le réchauffement attribuable aux activités humaines atteint environ 2°C dans cette région. Par ailleurs, l’altitude de l’isotherme 0°C remonte d’environ 100 mètres par décennie pendant la mousson et l’après-mousson. Les glaciers de la région perdent depuis plusieurs décennies l’équivalent de plus d’un demi-mètre d’épaisseur chaque année.
De telles catastrophes pourraient-elles devenir plus fréquentes ?
Il est difficile d’affirmer que cet effondrement ne se serait pas produit sans réchauffement climatique. Cependant, le World Weather Attribution conclut que la hausse rapide des températures augmente les conditions favorables à ce type de catastrophe : recul des glaciers, dégel du pergélisol, fragilisation des parois et augmentation de l’eau liquide en altitude. L’événement soulève également des questions sur les limites de l’adaptation, car avec une coulée parcourant plusieurs dizaines de kilomètres en quelques minutes, aucun système d’alerte existant n’aurait pu protéger totalement les populations situées en aval.
Source : World Weather Attribution
