Plusieurs allégations concernant un prétendu « centre de torture » militaire ukrainien près de Kiev ont récemment circulé sur les réseaux sociaux, exacerbant les tensions déjà présentes en Ukraine. Un chercheur norvégien prorusse a même affirmé qu’une chambre de torture de Zelensky avait été découverte, mais que disent réellement les faits ?

L’affirmation vérifiée

Le 3 novembre 2026, Glenn Diesen, un chercheur norvégien aux affinités prorusses, a affirmé sur X (anciennement Twitter) qu’une « chambre de torture de Zelensky » avait été « découverte près de Kiev », insinuant que des pratiques de torture, y compris sur des enfants, s’y déroulaient. Il a accompagné son affirmation d’une vidéo montrant un adolescent apparemment en état de choc, avec la mention que la plus jeune victime aurait 14 ans.
Ce que montrent les faits
La vidéo en question a été enregistrée lors d’une manifestation devant un bâtiment à Petropavlivska Borshchahivka, à proximité de Kiev. Les manifestants s’étaient rassemblés pour protester contre des allégations de détention illégale et de torture de soldats mobilisés, après qu’une vidéo présentant un homme blessé avait circulé. Cependant, l’interprétation trompeuse des faits a rapidement été relayée par diverses personnalités et ambassades prorusses.
La vérification
Une enquête menée par les autorités ukrainiennes, y compris la police régionale de Kiev, a mis en lumière que le bâtiment en question ne servait pas de centre de torture, mais était loué par la Garde nationale pour héberger temporairement des militaires mobilisés. Ceux qui étaient présents y étaient retenus pour des raisons administratives et non en tant que détenus soumis à des pratiques de torture. D’une part, les 26 hommes présents comprenaient des militaires mobilisés et des hommes ayant quitté leur unité sans autorisation. Certains d’entre eux avaient effectivement des blessures, mais ces dernières ne procédaient pas nécessairement de violences infligées par leurs camarades ou leurs supérieurs.
De plus, le jeune homme de 14 ans supposé être victime était en réalité un manifestant actif, qui, après avoir été filmé en train de lancer des briques sur le bâtiment, a affirmé dans une vidéo qu’il s’était rendu sur place volontairement. Son récit contredit l’idée d’une détention abusive.
Les sources et les données
Les informations sur les événements de Petropavlivska Borshchahivka proviennent principalement des déclarations officielles et des enquêtes menées par les autorités ukrainiennes. Cette affaire a été suivi par plusieurs médias de renom, dont les Révélateurs de France Télévisions et des correspondants locaux sur le terrain, qui ont tous corroboré l’absence de preuves tangibles concernant des actes de torture systématiques dans le bâtiment mentionné.
De plus, certaines figures prorusses et des agents des médias sociaux ont amplifié les allégations sans fondement, entraînant la diffusion d’une désinformation visant à nuire à l’image de l’Ukraine pendant une période de tensions militaires exacerbées.
Verdict
Verdict : trompeur. Bien que des événements troublants se soient déroulés à Petropavlivska Borshchahivka, la narration selon laquelle un centre de torture militaire ukrainien existerait comme tel est non fondée. Les déclarations et la vidéos de manifestations ont été manipulées par des acteurs prorusses pour faire avancer un récit qui n’est pas soutenu par les preuves disponibles.
Ce qu’il faut retenir
Ce type d’allégations illustre l’utilisation d’événements tragiques en temps de guerre pour promouvoir des narratifs qui serviront des intérêts particuliers, souvent en exploitant la peur et la désinformation. L’analyse des faits, couplée à une vérification rigoureuse des sources, est essentielle pour naviguer dans le paysage médiatique complexe de conflits contemporains.
Source principale : franceinfo- Vrai ou faux (www.franceinfo.fr)
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