À Auxerre, une nécropole gallo-romaine occupée entre 170 et 250 après J.-C. témoigne de pratiques funéraires réservées aux nourrissons et aux fœtus. Mise au jour en 2024 lors de fouilles préventives, elle montre que ces très jeunes enfants pouvaient recevoir une sépulture et que leurs tombes étaient parfois signalées.

Une nécropole découverte au cœur d’Auxerre

Les archéologues de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) ont découvert le site avant le réaménagement d’une place du centre historique. À l’époque romaine, la nécropole se trouvait en périphérie d’Autessiodurum, l’ancienne Auxerre.
Les chiffres publiés à propos de la fouille distinguent les sépultures des autres traces funéraires : 235 sépultures ont été recensées, auxquelles s’ajoute une trentaine d’indices, comme des offrandes, des bornes ou des céramiques. L’ensemble a été découvert sur une surface d’environ 45 mètres carrés. (lemonde.fr)
Des modes d’inhumation variés
La plupart des enfants inhumés avaient moins de six mois. Certains restes correspondent à des fœtus ; l’un d’eux, dépourvu de squelette, a pu être repéré grâce à des bactéries.
Les corps étaient déposés dans des céramiques, des tuiles ou des cercueils. Selon l’archéo-anthropologue Carole Fourrissier, qui a participé aux fouilles, certaines sépultures portaient des marques visibles en surface, permettant aux familles de retrouver les tombes.
Ces observations nuancent l’idée d’une indifférence générale à l’égard de la mort des très jeunes enfants dans l’Antiquité. Des textes antiques évoquent une retenue dans le deuil, dans un contexte de forte mortalité. Les sépultures d’Auxerre montrent toutefois que des familles ont organisé des inhumations et parfois signalé les lieux où reposaient leurs enfants.
Des traces encore difficiles à interpréter
Les analyses menées sur les céramiques et les petits coffres en bois ont révélé des traces d’ADN associées à de l’huile, du vin, des produits laitiers ou des fleurs. Une explication possible est que les contenants aient été réutilisés. Carole Fourrissier avance aussi une autre interprétation : la forme de certaines céramiques pourrait avoir évoqué le ventre maternel. Cette lecture reste une hypothèse.
Les analyses génétiques ont également identifié plusieurs bactéries, dont Gardnerella vaginalis, Mycoplasma hominis et Fusobacterium nucleatum, aujourd’hui associées à certaines infections ou complications de grossesse. Leur présence dans les vestiges ne suffit pas, à elle seule, à établir les causes des décès.
Enfin, certaines céramiques ne contenant pas d’ossements présentaient des traces d’ADN humain. La densité du site et la diversité des dépôts fournissent ainsi des indices sur les gestes funéraires pratiqués à Auxerre, sans permettre de tirer une conclusion unique sur les croyances ou les rites de toutes les familles gallo-romaines.
Source : RFI – Actualités, info, news en direct – Radio France Internationale (www.rfi.fr)
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Auteur : RFI







