Inès Chatin alerte sur un réseau de pédocriminalité dans les quartiers parisiens.
Inès Chatin dénonce un réseau de pédocriminels dans les beaux quartiers parisiens
En 2024, le journal Libération a publié l’enquête de Willy Le Devin, intitulée Les hommes de la rue de Bac. Dans cette enquête, Inès Chatin révèle son enfance marquée par des sévices sexuels, qu’elle aurait subis dès l’âge de 4 ans. Selon ses déclarations, les agresseurs seraient des intellectuels français, parmi lesquels l’écrivain Gabriel Matzneff, le directeur du Point Claude Imbert, et son propre père adoptif, Jean-François Lemaire.
Après plusieurs années de silence, Inès Chatin a décidé de porter plainte en 2023 à l’Office des mineurs (OFMIN) contre Gabriel Matzneff, une procédure qui demeure ouverte. Elle se bat désormais, aux côtés de nombreuses militantes, pour l’imprescriptibilité des crimes sur mineurs et le vote d’une loi intégrale contre les violences sexuelles. Elle s’exprime régulièrement devant le ministère de la Justice, utilisant un mégaphone pour faire entendre sa voix.
Le corps demande justice
Inès Chatin a expliqué que deux éléments l’ont poussée à dénoncer ces abus. D’une part, des manifestations physiques de son mal-être, et d’autre part, un épisode traumatisant au Salon du livre, où elle a perdu six kilos en une journée. Ce fut un signal pour elle de la nécessité de parler. Elle a également mentionné que le silence familial était renforcé par les violences exercées par son père adoptif sur sa mère.
Nommer le réseau pour briser le silence
Le terme « réseau » a longtemps été évité dans les discussions sur la pédocriminalité, souvent considéré comme connoté complotiste. Inès Chatin affirme que ce mot est désormais accepté dans le débat public et souligne l’importance de nommer les choses telles qu’elles sont. Elle décrit comment, derrière les façades dorées des beaux quartiers, se cache une réalité d’impunité et de silence.
5 000 pages pour documenter l’impunité
Inès Chatin a constitué un dossier de plus de 5 000 pages, certifié par huissier, pour démontrer comment l’impunité a été rendue possible par des complices au sein même de la justice. Elle a révélé que son père adoptif, impliqué dans une affaire d’escroquerie, a sollicité l’aide de Claude Imbert, qui a écrit au président de la Cour d’appel pour obtenir une indulgence. Cette intervention a permis à son père d’échapper à une condamnation significative.
L’importance de la lutte collective
Inès Chatin a également souligné qu’aucune plainte pour diffamation n’a été déposée contre elle, malgré ses accusations. Selon elle, les preuves accumulées, ainsi que le soutien croissant des victimes, lui donnent la force de continuer son combat. Elle appelle à une audition de Gabriel Matzneff, en mettant en avant son comportement prédateur.
État des plaintes et perspectives
Elle a déposé une plainte contre la Famille adoptive française pour adoption illégale, plainte qui est toujours en cours d’examen. Inès Chatin exprime sa détermination à poursuivre cette enquête, avec l’aide de détectives privés et de journalistes.
Inès Chatin est convaincue que la société française est à un tournant concernant les violences sexuelles faites aux enfants, et elle encourage d’autres victimes à se manifester. Elle milite pour l’imprescriptibilité des crimes sur mineurs et insiste sur l’urgence de faire évoluer la législation.
Source : Libération, Marie Claire
