Blocage d’un dépôt pétrolier dans l’Hérault par des pêcheurs, perturbant l’approvisionnement en carburant
Blocage d’un dépôt pétrolier dans l’Hérault par des pêcheurs
Une centaine de pêcheurs a bloqué l’accès à un dépôt pétrolier à Frontignan (Hérault) mercredi 16 septembre. Ce mouvement intervient au troisième jour d’une mobilisation visant à attirer l’attention du gouvernement sur l’augmentation des prix du carburant et la dégradation de leurs conditions de travail.
Ange Natoli, représentant des pêcheurs, a déclaré : « Le but de la manœuvre c’est de faire continuer le mouvement jusqu’à ce qu’on soit reçu par la ministre de la Pêche, Catherine Chabaud ». Une rencontre avec la ministre est prévue pour jeudi. Les pêcheurs soulignent leur intention de maintenir la pression : « Nous ne lâchons pas, et selon ce qui sera dit demain, nous jugerons de la suite du mouvement. »
Le blocage a débuté aux alentours de 3 heures du matin. Des images diffusées par BFMTV ont montré un feu allumé sur un carrefour menant au dépôt pétrolier. La veille, des pêcheurs avaient déjà bloqué un dépôt pétrolier à Fos-sur-Mer pendant plusieurs heures, avant qu’une intervention des CRS ne mette fin à l’action. Des banderoles y dénonçaient : « L’Europe nous tue » et « L’UE coule nos bateaux et Paris nous regarde ».
Dans le port de Sète, des pêcheurs ont également empêché le départ d’un bateau de la Corsica Ferries. M. Natoli a averti que sans « avancées significatives » après la rencontre, le mouvement pourrait s’intensifier, car « on ne peut pas travailler à perte ».
Les comités régionaux des pêches d’Occitanie, de Paca et de Corse, ainsi que trois organisations de producteurs de Méditerranée et des syndicats de marins, ont lancé un mouvement de protestation commun. Les professionnels de la pêche dénoncent une « dégradation continue de leurs conditions d’activité », en raison de la hausse des coûts d’exploitation et du carburant, ainsi que d’une multiplication des contraintes administratives et réglementaires.
La France est le deuxième producteur européen de produits de la pêche, derrière l’Espagne, avec 477 000 tonnes de poissons et crustacés pêchés en 2024, un volume quasi stable (+1 %) par rapport à 2023, selon les données du gouvernement.
Source : La Croix
