Analyse des prévisions technologiques de Terminator II par des chercheurs du CNRS
Terminator II avait-il raison ?
« Terminator II : le Jugement dernier » revient dans les salles françaises 35 ans après sa sortie. La vision de la robotique que le film proposait en 1991 s’est-elle accomplie ? Deux roboticiens au CNRS analysent les avancées et les limites de ce secteur de recherche, ainsi que les garde-fous nécessaires.
En 1991, James Cameron mettait en scène une robotique futuriste dans le deuxième volet de sa saga Terminator. À l’heure actuelle, le film est devenu un marqueur culturel mondial, y compris parmi les chercheurs en robotique. Cependant, il est évident que certaines prédictions du film ne se sont pas réalisées. Ni l’holocauste nucléaire en 1997 ni la guerre entre humains et machines n’ont eu lieu. La plupart des robots actuels, malgré les avancées technologiques, peinent encore à accomplir des tâches simples. Par exemple, lors du salon VivaTech à Paris en juin dernier, des robots danseurs ont causé des dégâts en heurtant des écrans, illustrant ainsi leurs limitations.
Concernant l’intelligence artificielle, représentée dans le film par Skynet, des progrès significatifs ont été réalisés au cours des 35 dernières années. Des outils comme ChatGPT ont été intégrés dans le quotidien de millions de personnes. Cependant, la question demeure : ces systèmes imitent-ils vraiment l’intelligence humaine ? Rien n’est moins sûr.
Les limites de la robotique
Les recherches en robotique cherchent principalement à imiter l’humain, mais ne parviennent pas encore à le surpasser. Par exemple, le robot T-1000 de Terminator II pouvait se reconstituer après avoir été détruit, une capacité qui reste de l’ordre de la fiction.
Néanmoins, des avancées notables ont été réalisées. Les robots de Boston Dynamics, par exemple, peuvent tourner leur tête à 360 degrés, dépassant ainsi certaines limitations humaines.
Pas de robot combattant
En ce qui concerne les robots de guerre, il est préférable de considérer Terminator comme de la science-fiction. Bien que l’IA et la robotique soient présentes sur le front ukrainien, il ne s’agit pas d’humanoïdes autonomes. Les innovations se concentrent plutôt sur des systèmes d’information et des drones, qui sont largement téléopérés.
L’armée ukrainienne a démontré une capacité d’innovation impressionnante, utilisant des drones pour éviter des pertes humaines. L’accent est mis sur des robots terrestres simples, souvent roulants ou chenillés, plutôt que sur des humanoïdes.
Course à l’innovation militaire et prolifération des conflits
Le conflit russo-ukrainien a accéléré l’innovation dans le domaine de la robotique militaire. L’armée française s’inspire de ces avancées pour développer son propre robot terrestre, le Pendragon, qui devrait entrer en service en 2027.
Cependant, cette course à l’innovation soulève des inquiétudes. De nombreuses industries réorientent leur production vers des applications militaires. Par exemple, Renault a adapté son usine du Mans pour construire un drone de défense. Cela pose la question de la pérennité de ces lignes de production si les tensions diminuent.
La robotique, un choix de société à questionner
Les développements militaires suscitent des préoccupations éthiques. Le film Terminator II met en garde contre les dangers du technosolutionnisme, illustrant un État qui accorde des pouvoirs excessifs à une IA, menant à des conséquences catastrophiques.
Il est crucial de questionner la robotique comme choix sociétal, car son développement est influencé par des décisions politiques et économiques. La régulation de l’IA par l’Union européenne est un exemple d’encadrement nécessaire pour reconsidérer son rôle face aux défis sociétaux.
En conclusion, la recherche en robotique humanoïde doit continuer, mais avec une reconnaissance des limites et la nécessité d’établir des garde-fous. Les capacités humaines, notamment la régénération, restent inégalées par la technologie actuelle.
Source principale : CNRS Le Journal
