Mort d’un adolescent en prison pour mineurs : un syndicat dénonce le silence des autorités.
Mort d’un adolescent dans une prison pour mineurs : un syndicat dénonce un silence institutionnel
Le 2 septembre 2026, un adolescent est décédé au sein de l’Établissement pour mineurs (EPM) de Lavaur, dans le Tarn. La section CFDT de la Protection judiciaire de la jeunesse du Sud-Ouest affirme que cet événement tragique a été largement ignoré par les autorités.
Dans un communiqué publié le 17 septembre, le syndicat a déclaré : « Ce décès nous oblige à parler. » Il dénonce un silence institutionnel autour de la mort de ce jeune, soulignant que l’information n’a été communiquée aux professionnels de l’établissement que plusieurs jours après les faits, par un message de la direction qui évoquait le soutien aux agents. En comparaison, la mort d’un autre adolescent dans une prison pour mineurs à Marseille a suscité une couverture médiatique importante.
La CFDT Interco Justice s’interroge sur le profil de la victime, suggérant que son origine, son statut administratif, ou son absence de famille sur le territoire pourraient avoir joué un rôle dans la visibilité de son décès. « Nous refusons que certains décès soient moins visibles que d’autres », a-t-elle affirmé.
La mort de cet adolescent a également un impact sur les éducateurs, psychologues et surveillants qui l’ont accompagné. Le syndicat critique le fait que l’accompagnement des équipes ne se limite pas à un simple courriel envoyé plusieurs jours après le drame.
La CFDT appelle à une réflexion sur les conditions de détention et les moyens nécessaires pour prévenir de tels incidents à l’avenir. Des questions cruciales se posent : ce drame aurait-il pu être évité ? Quelles améliorations doivent être apportées ?
Un rapport de visite du contrôleur général des lieux de privation de liberté, publié en juin 2025, avait déjà alerté sur l’augmentation significative du taux d’occupation de l’établissement, passant de 71 % en 2023 à 89 % en 2024. L’EPM de Lavaur compte 54 places pour les garçons et quatre pour les filles, réparties dans sept unités de vie. Le rapport mentionne également des conditions de détention préoccupantes, telles que des palissades obstruant la vue des cellules, réduisant la luminosité et aggravant le sentiment d’enfermement.
La situation soulève des inquiétudes quant à la qualité de vie des mineurs en détention et à l’organisation des soins qui leur sont offerts.
Source : CFDT Protection judiciaire de la jeunesse, rapport du contrôleur général des lieux de privation de liberté.
