Le paysage des missions de paix de l’ONU en Afrique évolue entre retraits, mandats à renouveler et critiques sur la protection des civils. La MINURSO a cessé ses opérations après l’expiration de son mandat, tandis que la MINUSCA et la Force intérimaire de sécurité des Nations unies pour Abyei (FISNUA) arrivent à échéance le 15 novembre 2026. En République démocratique du Congo, au Soudan du Sud et au Mali, les enjeux restent différents, mais la question de l’efficacité des opérations demeure présente.

Au Sahara occidental, la MINURSO entre en liquidation

Créée en 1991, la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) a vu son mandat expirer le 31 octobre 2026, faute d’accord au Conseil de sécurité sur son renouvellement. La Russie a opposé son veto à un projet de résolution américain. Le 1er novembre, l’ONU a annoncé le début de la période de liquidation de la mission. (peacekeeping.un.org)
La mission comptait 359 personnels civils et militaires en juin 2026, selon son site internet, cité par DW. Son départ marque la fin d’une présence onusienne de 35 ans, sans que le référendum prévu lors de sa création ait été organisé.
En RDC, les critiques envers la MONUSCO persistent
Dans l’est de la République démocratique du Congo, la MONUSCO reste confrontée à une défiance exprimée par une partie de la population, qui lui reproche de ne pas suffisamment protéger les civils. Le 3 novembre, son chef, James Swan, s’est rendu à Goma. La protection des civils figurait parmi les sujets évoqués, selon les informations rapportées par DW.
La mission trouve son origine dans la MONUC, créée en 1999, devenue la MONUSCO en 2010. La poursuite ou la fin de son mandat continue de faire l’objet de discussions, alors que les violences se poursuivent dans plusieurs zones de l’est du pays.
La MINUSCA et la FISNUA face à une échéance commune
En République centrafricaine, le mandat de la MINUSCA doit prendre fin le 15 novembre 2026. Déployée depuis 2014, la mission a entrepris une réorganisation de son dispositif. La situation sécuritaire s’est améliorée ces dernières années, mais des groupes armés restent actifs, notamment près des frontières avec le Soudan et la RDC. Le renouvellement du mandat doit être examiné par le Conseil de sécurité. (mandates.un.org)
La FISNUA, chargée de la sécurité à Abyei, doit elle aussi voir son mandat arriver à échéance le 15 novembre. Cette région est disputée entre le Soudan et le Soudan du Sud. La résolution adoptée en 2025 prolongeait la mission jusqu’à cette date et conditionnait une nouvelle prolongation à des progrès mesurables des deux pays. Elle autorisait jusqu’à 3 250 militaires et 640 policiers. (mandates.un.org)
Au Soudan du Sud, une mission maintenue dans un pays fragile
La Mission des Nations unies au Soudan du Sud (MINUSS) a été créée en 2011, à la veille de l’indépendance du pays. Le pays a ensuite connu une guerre civile. Un accord de partage du pouvoir conclu en 2018 a mis fin au conflit, mais la situation reste fragile et le pays traverse aussi une crise humanitaire.
Le gouvernement de Salva Kiir espère organiser les premières élections du pays en décembre 2026. Le scrutin est donc présenté comme un objectif, et non comme un événement déjà acquis. (main.un.org)
Au Mali, la MINUSMA a terminé son mandat en 2023
La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), créée en 2013 pour soutenir le processus de paix, a achevé son mandat le 30 juin 2023. En mai 2025, le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, affirmait que le pays avait recouvré l’intégralité de son territoire et qu’il ne comptait plus sur des forces internationales pour assurer sa sécurité. Cette appréciation est celle du ministre.
Ces situations illustrent des trajectoires contrastées : fin de mission au Sahara occidental et au Mali, échéances imminentes en Centrafrique et à Abyei, et maintien d’opérations dans des pays où les besoins de protection et les critiques à l’égard de l’ONU coexistent.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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