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En Guinée, l’armée ferme les mines d’or de Siguiri au nom de l’environnement et de la sécurité

La fermeture des sites aurifères de Siguiri, en Haute-Guinée, est officiellement présentée comme une mesure de protection de l’environnement et de remise en ordre du secteur minier. Le déploiement de l’armée et les inquiétudes liées aux trafics d’or lui donnent aussi une dimension sécuritaire. Les autorités guinéennes contestent toutefois les rumeurs selon lesquelles l’opération viserait particulièrement les ressortissants burkinabè.

Explore the mysterious depths of Passagem de Mariana, MG, Brazil, with this illuminated underground mine tunnel.
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Une fermeture justifiée par les dégâts environnementaux

Dramatic clay cliff face bordered by lush forest in Foncine-le-Haut, France.
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Les soldats ont été envoyés dans ce bassin aurifère pour faire respecter l’arrêt des activités d’extraction. Les autorités invoquent notamment l’exploitation de zones sensibles, comme les cours d’eau et certaines terres agricoles, ainsi que la nécessité de mieux encadrer les pratiques minières.

À Siguiri, un habitant interrogé sous le prénom de Moussa estime que l’interdiction concerne toutes les nationalités. Il dénonce des machines travaillant directement dans les cours d’eau. Cette explication rejoint celle de Conakry, qui présente la mesure comme générale et principalement destinée à protéger les ressources naturelles.

L’ampleur des équipements utilisés nourrit cependant le débat sur la nature des activités visées. L’observateur minier Ibrahim Dabo juge que les bulldozers, excavateurs et installations de lavage présents sur certains sites relèvent davantage d’une exploitation mécanisée que de l’orpaillage artisanal.

Il avance également l’hypothèse que les autorités cherchent à reprendre le contrôle d’une partie de la production pour approvisionner la raffinerie Nimba Gold Refinery, récemment inaugurée à Conakry. Cette interprétation lui est propre et ne constitue pas une justification officiellement annoncée de la fermeture.

Des rumeurs d’expulsions et des départs annoncés

La suspension des activités a alimenté des publications affirmant que des Burkinabè seraient ciblés et expulsés. Le président de la Commission mines et industries de l’Assemblée nationale, Mohamed Nabé, rejette ces accusations. Selon lui, la mesure concerne d’abord les Guinéens et les rumeurs relèvent de la désinformation.

La question des départs reste néanmoins présente. Une source gouvernementale burkinabè estime que plus de 8 000 ressortissants pourraient être affectés par la fermeture. Ouagadougou a affrété une cinquantaine de bus pour faciliter le retour de jeunes orpailleurs présents à Bamako. En visite dans la capitale malienne le 4 novembre, le ministre burkinabè de la Sécurité, Mahamadou Sana, a déploré l’absence de concertation préalable entre les trois pays.

Le risque des trafics transfrontaliers

La sécurité constitue un autre motif d’inquiétude. Dans un rapport publié le 25 octobre, la Fondation Konrad Adenauer (KAS) alerte sur les réseaux de contrebande liés à l’or et sur les risques qu’ils pourraient représenter dans la région. Selon l’étude, ces circuits criminels transfrontaliers sont susceptibles de profiter indirectement à des groupes jihadistes.

Le rapport décrit une présence croissante du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) dans le sud-ouest du Mali, près de la frontière guinéenne. Tobias Rüttershoff, responsable du dialogue régional sur la politique de sécurité du programme Afrique de l’Ouest-Sahel de la KAS, précise toutefois que les éléments recueillis ne permettent pas de conclure à un contrôle territorial du groupe en Guinée. Ils signalent, selon lui, un risque de développement de relais locaux de part et d’autre de la frontière.

À Siguiri, Moussa dit observer l’arrivée de personnes se présentant comme des commerçants ambulants venus des pays voisins. Les autorités guinéennes ont, de leur côté, renforcé la surveillance dans plusieurs localités frontalières et sur certains sites artisanaux, notamment par la création de comités de veille.

La fermeture répond ainsi à plusieurs préoccupations avancées par les autorités et les acteurs cités : limiter les atteintes à l’environnement, mieux encadrer l’exploitation de l’or et surveiller les circuits de contrebande. Mais les départs de travailleurs et les critiques sur l’absence de concertation montrent que la mesure dépasse le seul cadre local.


Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)

Article original : Consulter la source originale

Auteur : Bob Barry

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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