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Douze avions visés par des alertes à la bombe en Europe : un expert évoque une logique d’usure

Douze avions ont été visés par des alertes à la bombe en Europe jeudi 5 novembre. En France, un Airbus A320 reliant Dublin à Rome a été dérouté vers la base aérienne d’Évreux et escorté par deux avions de chasse. Pour l’expert Xavier Tytelman, la répétition de ces alertes peut perturber le trafic et mobiliser les moyens de défense, sans permettre à elle seule d’en attribuer l’origine.

Close-up of a United Nations airplane in flight, showing detailed landing gear.
Jeffry Surianto · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Une série d’alertes aux effets en cascade

Dynamic view of a cascading waterfall over concrete steps in Lisburn, Northern Ireland.
Jakub · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Une alerte visant un avion ne se limite pas au vol concerné. Si l’appareil est immobilisé ou dérouté, les rotations suivantes peuvent être compromises. Un avion prévu pour effectuer plusieurs allers-retours dans la journée peut ainsi entraîner l’annulation d’autres vols et affecter de nombreux passagers.

Xavier Tytelman estime que les perturbations peuvent aussi avoir un coût économique important : correspondances manquées, déplacements professionnels retardés et activité des compagnies désorganisée. Pour les douze appareils concernés jeudi, il évoque des pertes susceptibles d’atteindre plusieurs millions d’euros, sans présenter ce montant comme un bilan établi.

La multiplication des alertes à l’échelle européenne peut, selon lui, faire penser à une forme de coordination. Il souligne toutefois qu’elle ne prouve pas que les menaces viennent d’un acteur particulier. Des fausses alertes ont déjà été attribuées à des profils variés, des plaisantins à des militants ou à des sympathisants de groupes extrémistes.

La mobilisation des chasseurs

Lorsqu’un avion est escorté, les chasseurs peuvent d’abord vérifier visuellement la situation dans le cockpit et s’assurer que l’équipage conserve le contrôle de l’appareil. Ils peuvent aussi transmettre des indications aux pilotes si les communications ou certains équipements de navigation sont défaillants.

Le scénario d’un avion détourné pour commettre un attentat au-dessus d’une ville est évoqué par l’expert comme un risque extrême. Dans une situation où l’appareil ne répondrait plus et constituerait une menace imminente pour la population, une décision d’interception pourrait aller jusqu’à son abattage.

Un coût financier et opérationnel

Pour Xavier Tytelman, l’objectif de ces alertes pourrait être moins de tester les procédures militaires que d’épuiser les moyens mobilisés. « L’objectif est davantage de nous épuiser », estime-t-il. Il rappelle que les réponses des armées sont encadrées par des procédures établies, tandis que chaque décollage ajoute des heures de vol et rapproche les avions de leurs prochaines opérations de maintenance.

L’expert chiffre à environ 20 000 euros le coût d’une heure de vol d’un Rafale. Au-delà de la dépense, la mobilisation des appareils sollicite donc le potentiel opérationnel des forces aériennes. Le texte de l’entretien ne précise pas le coût total de l’intervention à Évreux.

Des alertes faciles à déclencher, malgré des contrôles renforcés

Xavier Tytelman juge ces alertes susceptibles de se multiplier, car elles sont faciles à mettre en œuvre et déclenchent des procédures de sécurité importantes. Il distingue cette vulnérabilité des protections à bord : selon lui, le renforcement des portes de cockpit depuis le 11 septembre 2001 et l’évolution des contrôles ont fortement réduit le risque d’attentat dans un avion.

Les alertes peuvent néanmoins provoquer des déroutements et des annulations même lorsqu’aucun danger n’est finalement établi. L’expert rapproche leur effet d’un récit d’insécurité que le Kremlin chercherait à diffuser dans le cadre de la guerre hybride, tout en précisant qu’il n’attribue pas nécessairement les alertes du 5 novembre à la Russie.


Source : Toute l'actualité du Journal du dimanche (www.lejdd.fr)

Article original : Consulter la source originale

Auteur : leJDD

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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