Les agences spatiales commencent une nouvelle ère de défense planétaire en envoyant une sonde pour étudier les conséquences d’une mission audacieuse de déviation d’astéroïde. La sonde Hera, chargée d’examiner les effets du crash de la mission DART sur l’astéroïde Dimorphos, est attendue mercredi sur le site de l’impact.

Ce qui s’est passé

La mission Lune/Hera est née d’un scénario qui aurait pu être tiré d’Hollywood, semblable à celui du film Armageddon. En septembre 2022, la NASA a délibérément projeté la sonde DART (Double Asteroid Redirection Test) sur Dimorphos, un astéroïde de 150 mètres, dans le but de tester une technique de déviation en cas de menace réelle. Ce challenge technologique a réussi à modifier la trajectoire de l’astéroïde, confirmant ainsi que des mesures peuvent être prises pour protéger la Terre d’une potentielle collision.
Ce que l’on sait
Bien que la mission DART ait été couronnée de succès, les données recueillies lors de l’impact étaient encore limitées. C’est pourquoi la mission Hera a été lancée. Après deux ans de voyage, elle arrive enfin à proximité de Dimorphos, avec pour mission d’explorer les conséquences de l’impact. Dotée d’instruments variés, la sonde a pour objectif de répondre à des questions cruciales : l’impact a-t-il généré un cratère ? Si oui, quelle est sa taille et sa profondeur ? La structure de l’astéroïde a-t-elle été altérée ?
Patrick Michel, astrophysicien et responsable de cette mission, souligne l’importance de ces recherches : « Hera va permettre de documenter entièrement et de façon détaillée le résultat de l’impact – ce dont on ne dispose pas pour l’instant – pour pouvoir en tirer des leçons et extrapoler à d’autres scénarios ».
Les éléments à retenir
Hera n’est pas seule dans cette mission. Elle sera assistée par deux engins supplémentaires qui seront largués dans les mois à venir, dont l’un se posera directement sur Dimorphos au printemps prochain. Cette opération sera suivie de près par le grand public, avec des images et des mises à jour régulièrement publiées sur le site de l’Agence spatiale européenne (hera.esa.int).
L’objectif ultime est d’acquérir des connaissances qui permettront de déterminer la meilleure façon de dévier un astéroïde. Les scientifiques espèrent ainsi établir les paramètres nécessaires, tels que la masse et la vitesse des engins à envoyer, afin de contrer une menace potentielle en fonction des caractéristiques spécifiques de chaque astéroïde.
La suite
Les premières images de l’impact ainsi que des résultats détaillés seront présentées dans les mois à venir, avec une enquête scientifique finale prévue pour juin à Nice. Cette mission, à la croisée des chemins entre science et protection planétaire, pourrait ainsi ouvrir un nouveau chapitre dans la lutte contre les menaces d’origine cosmique.
Source : franceinfo- Espace (www.franceinfo.fr)
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