Une découverte archéologique majeure a été faite à Auxerre, dans le département de l’Yonne, révélant l’existence de 260 sépultures de bébés datant des 2e et 3e siècles. Cette nécropole, située au cœur de la ville, près de la tour de l’Horloge et de l’Hôtel de Ville, a été mise au jour lors de fouilles préventives réalisées avant des travaux de végétalisation de la place.

Ce qui s’est passé
Les fouilles, conduites par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), ont mis en évidence un site funéraire unique de l’époque romaine. Parmi les sépultures, plusieurs ont révélé des corps d’enfants en bonne conservation, permettant l’analyse des pratiques funéraires de cette période. Les fouilles ont également mis en lumière des rituels funéraires complexes, décomposés en jusqu’à huit étapes.
Ce que cela change localement
Jusqu’à présent, les bébés décédés à un jeune âge n’étaient pas considérés comme ayant un statut social, ce qui aurait pu expliquer des inhumations sommaires. Cependant, cette découverte remet en question cette hypothèse. Selon Carole Fossurier, archéo-anthropologue à l’Inrap, il s’avère que ces très jeunes enfants étaient traités avec soin, bénéficiant de tombes élaborées, d’emmaillotages et parfois même de fleurs déposées dans les sépultures. Ce changement de perspective sur ces pratiques funéraires souligne un respect et une attention remarquables envers les défunts, altérant notre compréhension des croyances de cette époque.
Ce que l’on sait
Les analyses menées par les archéologues ont révélé que les corps étaient souvent placés en position fœtale dans des tuiles arrondies, des pots en céramique ou des cercueils en bois. Certains pots retrouvés sur le site étaient vides, mais des traces d’ADN ancien ont été détectées, suggérant que ces contenants avaient pu abriter des tissus tels que des placenta ou des bébés nés prématurément. Des bactéries impliquées dans des fausses couches ont également été identifiées dans ces échantillons, ouvrant une nouvelle compréhension sur les complications de santé de cette période historique.
Les prochaines étapes
Les fouilles archéologiques à Auxerre se poursuivront probablement afin de mieux comprendre l’étendue de cette nécropole et les pratiques culturelles des communautés de l’époque. Les résultats de ces recherches pourraient également influencer les travaux d’aménagement urbain dans la région, ainsi que les initiatives de préservation du patrimoine historique. L’Inrap et ses équipes continueront d’analyser les découvertes afin d’enrichir nos connaissances sur la vie et la mort au sein de l’Empire romain.’
Source : franceinfo- Bourgogne-Franche-Comté
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