En Méditerranée centrale, Sea-Watch a recensé 26 incidents violents depuis le début de 2026, un niveau sans précédent depuis le début de ses relevés, en 2016. Publié le 4 novembre, le rapport paraît alors que le Bundestag examine la prolongation de la participation allemande à l’opération européenne Irini. Il relance le débat sur la formation des garde-côtes libyens, régulièrement accusés de violences contre des migrants et des navires humanitaires.

26 incidents recensés en 2026

Le rapport actualisé de Sea-Watch dénombre 107 incidents violents en mer Méditerranée depuis 2016. L’organisation attribue plus de 70 % d’entre eux — soit au moins 80 cas — aux garde-côtes libyens. Ces chiffres proviennent du recensement de l’ONG et ne constituent pas un décompte exhaustif : Sea-Watch estime que des cas ne sont pas documentés. (sea-watch.org)
Pour la seule année 2026, l’organisation a enregistré 26 incidents, davantage que pour toute autre année depuis le début de ses relevés. Elle rapporte notamment des tirs, des menaces, des personnes contraintes de quitter leur embarcation et des navires de sauvetage suivis ou harcelés.
Un épisode décrit dans le texte de DW concerne un canot pneumatique transportant 27 personnes, dont des enfants, qui se dégonflait en mer. Selon le récit rapporté à partir d’une enquête de Frontex, les garde-côtes libyens auraient percuté l’embarcation ; plusieurs passagers seraient tombés à l’eau, tandis que d’autres, embarqués à bord du navire libyen, auraient été frappés. Ils auraient ensuite été ramenés en Libye.
Le mandat allemand en discussion
Le Bundestag a tenu le 4 novembre un premier débat sur la poursuite de l’engagement allemand dans Irini. Le mandat en cours autorise jusqu’à 300 soldats et arrive à échéance le 30 novembre 2026. Le gouvernement propose de le prolonger jusqu’à la fin novembre 2027, en conservant le plafond de 300 militaires. (bundestag.de)
La mission européenne, lancée en 2020, avait notamment pour objectif de contribuer à l’application de l’embargo sur les armes à destination de la Libye. Le cadre a depuis évolué : le mandat allemand proposé tient compte de la fin, le 31 mai 2026, de la résolution de l’ONU qui autorisait les inspections de navires pour faire respecter cet embargo. La lutte contre les exportations illégales de pétrole et les réseaux de passeurs et de traite reste prévue dans les tâches de l’opération. (bundestag.de)
Irini contribue également au renforcement des capacités des garde-côtes et de la marine libyens, notamment par des formations. Sea-Watch souligne que le projet de prolongation n’écarte pas la possibilité que des militaires allemands prennent part à ces activités. L’ONG demande que cette possibilité soit exclue, estimant que les formations européennes se poursuivent alors que les forces libyennes sont mises en cause dans des violences en mer. (sea-watch.org)
Des critiques sur le rôle de l’opération
Au Bundestag, l’AfD réclame le retrait allemand, en invoquant le coût de l’opération et son manque de résultats. Die Linke demande également la fin du mandat, accusant l’Union européenne d’utiliser Irini pour dissuader les départs de migrants. Le parti réclame aussi la fermeture des centres de détention en Libye, où des abus sont signalés.
La mission Irini n’a pas pour objectif principal le sauvetage en mer. Le rôle de secours associé à l’opération précédente, Sophia, a pris fin avec le changement de mission, tandis que les navires humanitaires d’ONG continuent d’intervenir en Méditerranée. Médecins sans frontières avertit que les personnes interceptées par les garde-côtes libyens et renvoyées en Libye risquent notamment la détention arbitraire, la torture et les violences sexuelles.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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