Le gouvernement de Mark Carney présente, jeudi 5 novembre 2026, le budget fédéral canadien pour 2026-2027. Baptisé « Maîtres chez nous », ce plan entend renforcer l’autonomie économique du Canada face aux États-Unis, alors que les tensions commerciales entre les deux voisins ont pesé sur plusieurs secteurs.

Réduire la dépendance envers Washington

Depuis son arrivée au pouvoir, Mark Carney a fait de la résilience économique et de la moindre dépendance envers les États-Unis des priorités de son gouvernement. Le budget doit contribuer à transformer le modèle de croissance du Canada, selon le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, qui présente le texte au Parlement.
Les relations commerciales entre Ottawa et Washington se sont tendues après l’imposition de droits de douane américains sur des produits canadiens. Les négociations ont été interrompues cet été par le gouvernement de Mark Carney. Les deux pays ont toutefois indiqué, dimanche, se rapprocher d’une issue à leur différend.
Le ministre des Finances a défendu l’objectif d’un Canada plus résilient et plus indépendant, quels que soient les événements au sud de la frontière ou ailleurs dans le monde. Cette orientation se traduit notamment par la volonté de soutenir des investissements dans des projets jugés stratégiques.
Des investissements et des mesures de soutien attendus
Le budget prévoit des financements pour de grands projets dans les domaines de l’énergie, des mines et des infrastructures. Mark Carney en a fait une priorité pour renforcer la souveraineté du pays.
François-Philippe Champagne a également évoqué des mesures destinées à aider les Canadiens face à la hausse du coût de la vie et à soutenir les travailleurs touchés par les droits de douane américains. L’automobile et l’acier figurent parmi les secteurs concernés.
Le coût de ces investissements et le déficit qui en découlera sont au centre des critiques de l’opposition. Jean-Denis Garon, député du Bloc québécois, estime que les prévisions disponibles annoncent un déficit important et un possible dépassement des objectifs que le gouvernement s’était fixés. Le déficit attendu resterait néanmoins inférieur aux 78,3 milliards de dollars canadiens prévus dans le premier budget de l’ère Carney, présenté l’an dernier.
Une mise en œuvre exposée aux incertitudes
La concrétisation du plan dépendra notamment de l’évolution des droits de douane, de l’emploi et du chômage, souligne Geneviève Tellier, professeure de science politique à l’Université d’Ottawa. La Banque du Canada vient par ailleurs de relever son taux directeur pour la première fois en trois ans, un élément que la spécialiste cite parmi les paramètres à surveiller.
Après son dépôt, le budget doit faire l’objet d’un vote de confiance au Parlement. Le gouvernement entend ainsi financer sa stratégie d’investissement tout en répondant aux pressions économiques auxquelles sont confrontés les ménages et les secteurs touchés par le conflit commercial.
Source : RFI – Actualités, info, news en direct – Radio France Internationale (www.rfi.fr)
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Auteur : RFI avec AFP







