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Près de Kiev, une maison de transit de la brigade Azov visée par des accusations de torture infondées

La maison présentée sur les réseaux sociaux comme une « chambre de torture » près de Kiev était, selon la Garde nationale ukrainienne, un point de transit temporaire lié à la brigade Azov. Les accusations de détention illégale et de tortures ont provoqué un rassemblement et des heurts le 2 novembre à Petropavlivska Borshchahivka. Le 4 novembre, le Service de sécurité d’Ukraine a annoncé l’arrestation de trois personnes soupçonnées d’avoir organisé les troubles, une version qui relève à ce stade de l’enquête.

A devastated building with debris and rubble, symbolizing destruction in an urban environment.
Yevhen Sukhenko · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Des rumeurs suivies d’un face-à-face

Vintage black and white photo of a charming urban photo shop corner.
Alexis B · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Les accusations ont circulé sur les réseaux sociaux avant le rassemblement. Des publications affirmaient que des dizaines d’hommes mobilisés étaient retenus contre leur gré dans une maison et y subissaient des violences. La police nationale ukrainienne a démenti les informations faisant état de personnes détenues illégalement ou d’un décès.

Dans la soirée du 2 novembre, des dizaines de personnes se sont réunies devant le bâtiment. Selon le journaliste de BFMTV Cyrille Amoursky, présent sur place, la tension est montée : des pierres et des œufs ont été lancés en direction des forces de l’ordre, qui ont utilisé du gaz irritant.

Le chef de la Garde nationale s’est rendu sur place pour tenter d’apaiser la situation. Vers 22 heures, le chef du cabinet présidentiel, Kyrylo Boudanov, est également venu échanger avec les occupants. Des journalistes ont pu entrer dans la maison. Le ministre de l’Intérieur, Ivan Vyhivskyi, a indiqué que les familles des militaires avaient pu communiquer avec eux.

Un hébergement temporaire, selon les autorités

La Garde nationale a présenté le bâtiment comme un point de transit de la brigade Azov. Les hommes qui s’y trouvaient étaient, selon les autorités, récemment mobilisés ou avaient quitté leur unité sans autorisation ; ils attendaient leur affectation. D’après Cyrille Amoursky, ceux interrogés par la presse ont déclaré ne pas avoir été violentés. Certains étaient toutefois blessés et plusieurs devaient passer devant une commission médicale.

Une vidéo largement partagée montrait un jeune homme sortant du bâtiment sous une couverture. Selon les journalistes présents, il faisait partie des manifestants et avait pénétré dans l’enceinte avant d’être interpellé par le personnel sur place. Ces images ne suffisent donc pas, à elles seules, à établir qu’il aurait été libéré après une détention.

Une enquête a été ouverte pour établir les circonstances et les conditions de séjour des militaires dans ce logement temporaire. Les accusations de torture, comme celles d’une détention de masse, ne sont pas confirmées par les éléments rapportés sur place ; l’enquête doit notamment éclaircir la situation des hommes présents dans la maison.

La piste d’une opération organisée, selon le SBU

Le 3 novembre, Kyrylo Boudanov a estimé que l’incident n’était « pas sans influence extérieure », en faisant allusion à la Russie, sans apporter publiquement de preuve de cette implication.

Le lendemain, le Service de sécurité d’Ukraine (SBU) a annoncé avoir identifié plus de 100 participants aux heurts, puis arrêté trois personnes soupçonnées de les avoir organisés. Selon la version avancée par le SBU, l’opération visait à faire sortir un militaire du site sous couvert d’une intervention médicale et à provoquer un rassemblement en diffusant des informations trompeuses. Ces éléments sont présentés par les autorités dans le cadre de l’enquête et ne constituent pas une décision de justice. Le SBU a indiqué que les investigations se poursuivaient.

L’épisode s’inscrit dans un contexte de tensions autour de la mobilisation en Ukraine. Il rappelle aussi l’importance de distinguer les faits établis des accusations relayées en ligne : dans cette affaire, les circonstances de la présence des militaires et le déroulement des heurts restent au cœur des investigations.


Source : 20Minutes – Une (www.20minutes.fr)

Article original : Consulter la source originale

Auteur : Maïwenn Furic

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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