Pour la première fois depuis sa création en 2014, le rapport annuel sur les risques futurs, publié par le groupe d’assurance AXA en partenariat avec Ipsos, révèle que les experts anticipent désormais des menaces liées à l’intelligence artificielle (IA) et au big data plus préoccupantes que le changement climatique. Cette prise de conscience, retirée d’une enquête mondiale, devrait nous amener à repenser notre perception des risques contemporains et de notre préparation à y faire face.

Le fait de départ

Pour l’édition de 2026 du Future Risks Report, 4 345 experts issus de 62 pays ont été interrogés, tandis que 24 000 citoyens provenant de 19 pays ont partagé leurs inquiétudes. Les résultats montrent une évolution spectaculaire dans la manière dont les risques sont perçus. Ainsi, l’intelligence artificielle, classée 4e l’année précédente et 10e cinq ans auparavant, a pris la première place, remettant le changement climatique à la deuxième position dans l’esprit des experts.
Les faits et les chiffres
Cette étude met en lumière un sentiment d’insécurité croissant face aux avancées technologiques. Environ 67 % des citoyens rapportent se sentir vulnérables dans leur vie quotidienne vis-à-vis des risques associés à l’IA. L’optimisme concernant l’impact des technologies est cependant plus prononcé chez les jeunes, avec 52 % des moins de 35 ans qui croient que les progrès technologiques vont réduire plus de risques qu’ils n’en créent.
Ce que montrent les données
Les risques liés à l’IA ne se limitent pas à la technologie en tant que telle, mais s’étendent à des domaines cruciaux comme l’emploi et la prise de décision. Parallèlement, le changement climatique, bien qu’il conserve une position de premier plan dans le grand public — 76 % des répondants se sentant vulnérables —, est perçu par les experts comme une préoccupation secondaire. Ce glissement reflète une préoccupation croissante pour la façon dont l’IA pourrait modifier les structures sociales et économiques établies.
Ce que disent les acteurs
Thomas Buberl, directeur général du groupe AXA, souligne la nécessité d’une approche collective face aux divers risques, plaçant l’accent sur l’anticipation plutôt que sur une réponse à la carte. L’analyse de ces résultats doit également prendre en compte les évolutions démographiques et les tensions intergénérationnelles mises en avant. Celles-ci sont cruciales dans la manière dont les sociétés doivent répondre aux besoins changeants de leurs citoyens.
Ce que l’on peut réellement conclure
Les experts s’accordent à dire que l’interconnexion croissante des risques — notamment entre l’IA, une instabilité géopolitique croissante, et une crise énergétique qui se profile — nécessite un changement dans notre manière d’envisager la résilience sociétale. Le rapport pointe également un nouveau risque : la fragmentation sociale, qui apparaît comme un enjeu stratégique majeur, surtout dans des sociétés où les tensions autour de l’immigration sont vives.
Les limites de l’analyse
Bien que l’IA soit désormais une préoccupation majeure, il est crucial de garder à l’esprit que le changement climatique demeure un risque systémique avec des implications vastes et profondes. Les pourcentages élevés de ceux qui se sentent vulnérables face à ces menaces ne doivent pas minimiser l’urgence des efforts nécessaires pour lutter contre le dérèglement climatique, qui pourrait avoir des effets dévastateurs sur la planète à long terme.
Ce qu’il faut retenir
Le rapport d’AXA invite à une réaction collective face à des menaces interconnectées et à une redéfinition des priorités politiques et sociales, notamment en ce qui concerne la protection sociale et les réponses institutionnelles. Les tests et les interactions entre ces enjeux doivent informer nos politiques futures, car ces risques, qu’ils soient technologiques ou environnementaux, ne peuvent être dissociés dans notre quête de résilience collective.
Source principale : Toute l’actualité du Journal du dimanche (www.lejdd.fr)
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