La défaite de Donald Trump aux élections de mi-mandat américaines relance la question de l’influence de son administration sur les mouvements populistes à l’étranger. En France, estime Melissa Bell, le Rassemblement national pourrait chercher à profiter du soutien américain tout en prenant ses distances avec les positions les plus controversées de Washington.

Un soutien américain qui peut devenir encombrant
Ces dernières années, Donald Trump et son administration ont apporté un soutien plus ou moins appuyé à des responsables politiques populistes à l’étranger. J.D. Vance s’était ainsi rendu en Hongrie avant le scrutin pour soutenir Viktor Orbán, finalement battu par le pro-européen Péter Magyar. Au Brésil, le candidat d’extrême droite Flávio Bolsonaro, soutenu par Trump, a lui aussi été battu, par Luiz Inácio Lula da Silva.
Ces revers électoraux ne suffisent pas, à eux seuls, à mesurer les conséquences des élections américaines pour les partis qui s’inspirent du style Trump. Ils mettent toutefois en lumière la difficulté, pour ces mouvements, d’être associés à une administration dont la politique étrangère peut entrer en tension avec leur propre discours.
Les partis populistes concernés défendent souvent une ligne souverainiste. Or, les choix de Donald Trump à l’international, décrits comme expansionnistes et bellicistes dans l’analyse de Melissa Bell, peuvent compliquer leur position lorsqu’ils soutiennent les guerres ou les ingérences américaines.
Le RN face à un équilibre délicat
En France, la journaliste et autrice de Sous influence américaine anticipe une position délicate pour le Rassemblement national lors de la prochaine campagne électorale française. Selon elle, le parti pourrait accueillir favorablement l’appui de Donald Trump, tout en veillant à ne pas être associé aux aspects les plus extrêmes de son gouvernement.
Melissa Bell décrit cette stratégie comme une « danse fascinante » : rechercher un soutien susceptible d’être utile, sans laisser cette proximité politique devenir un handicap. Il s’agit de son analyse, et non d’une position officiellement annoncée par le RN.
L’influence américaine au cœur du débat européen
Melissa Bell rappelle également que la stratégie de sécurité nationale des États-Unis, publiée en novembre 2025, évoquait l’action américaine en Europe. Selon son interprétation, le document faisait de l’ingérence en Europe — notamment en France — un objectif assumé, avec la volonté de renverser des gouvernements modérés.
Les résultats des élections américaines pourraient ainsi peser sur la manière dont les partis européens évaluent leur proximité avec Donald Trump. Mais les éléments présentés ne permettent pas de conclure qu’ils entraîneront un changement précis dans la stratégie du RN ou d’autres formations politiques.
Source : Courrier international – Actualités France et Monde, vidéos, infographies (www.courrierinternational.com)
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