Alors que le Qatar poursuit à Doha ses échanges avec l’Iran et les États-Unis pour éviter une reprise des hostilités, les déclarations de Téhéran se font plus menaçantes. Le président américain Donald Trump a évoqué de nouvelles frappes le 1er novembre, tandis que le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu chercherait à le convaincre d’agir. Plusieurs signaux entretiennent ainsi la crainte d’une nouvelle escalade, sans qu’une décision militaire américaine soit annoncée.

Des menaces iraniennes sur plusieurs fronts

Les négociations indirectes menées avec l’aide du Qatar durent depuis plusieurs jours. En parallèle, des médias iraniens ont affirmé que deux pétroliers avaient été touchés par des mines et étaient en feu dans le détroit d’Ormuz. Un troisième navire aurait été visé par deux projectiles. Ces informations sont rapportées par RFI sur la base des médias iraniens.
Le 31 octobre, le guide suprême iranien a averti qu’une nouvelle attaque américaine ou israélienne pourrait étendre la zone du conflit. Le ministre iranien de la Défense a, de son côté, annoncé une hausse des capacités du pays à frapper de nouvelles zones géographiques.
La portée des missiles iraniens était jusqu’ici limitée à 2 500 kilomètres, selon les éléments rapportés par RFI. Des experts iraniens estiment toutefois que le pays pourrait atteindre des cibles situées à plus de 5 000 kilomètres, voire 7 000 kilomètres. Il s’agit d’une évaluation attribuée à ces experts, et non d’une capacité confirmée indépendamment dans les informations disponibles.
Téhéran a également menacé de s’en prendre aux câbles internet et aux centres de données de grandes entreprises américaines dans la région. Ces déclarations élargissent le champ des menaces au-delà des seules opérations militaires.
Le débat nucléaire revient au premier plan
En Iran, plusieurs textes seraient en discussion au Parlement afin que le pays se retire du Traité de non-prolifération nucléaire. La coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) est, selon RFI, interrompue depuis juin 2025, après la guerre de douze jours.
Des voix réclament aussi une évolution de la doctrine nucléaire iranienne. L’imam de la prière du vendredi à Téhéran a affirmé que 70 % des Iraniens souhaitaient que le pays se dote de l’arme atomique pour se défendre et prévenir de nouvelles attaques. Ce chiffre correspond à sa déclaration ; aucun élément de sondage n’est fourni pour l’étayer.
Netanyahu pousse Washington à agir
Donald Trump et Benyamin Netanyahu se sont entretenus par téléphone au cours du week-end. Selon plusieurs sources citées par RFI, le Premier ministre israélien presse le président américain de frapper l’Iran. Washington poursuit cependant ses échanges indirects avec Téhéran, alors que des préparatifs militaires seraient envisagés depuis plusieurs semaines.
Donald Trump a évoqué la possibilité de viser encore un ou deux sites nucléaires iraniens et affirmé qu’une opération pourrait être menée rapidement. Ces propos alimentent les interrogations sur ses intentions, mais ne constituent pas l’annonce d’une décision d’attaque.
Le président américain entendrait conserver toutes les options ouvertes après les élections de mi-mandat. Benyamin Netanyahu, lui, se trouverait dans une situation politique plus pressante : arrivé en tête des élections législatives de la semaine précédente, il aurait perdu sa majorité au Parlement. Selon l’analyste Danny Citrinowicz, une reprise du conflit pourrait modifier les rapports de force politiques en Israël. Cette lecture relève de son analyse, et non d’une conséquence certaine.
Les discussions menées sous médiation qatarie se déroulent donc au milieu de menaces, de préparatifs évoqués et d’un débat nucléaire ravivé. À ce stade, les informations rapportées ne permettent pas d’établir si les échanges aboutiront à un accord ni si Washington décidera de reprendre les frappes.
Source : RFI – Actualités, info, news en direct – Radio France Internationale (www.rfi.fr)
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Auteur : RFI







